Nord: En marge du grand débat national, que contiennent certains cahiers de doléances ?

CITOYENNETE 20 Minutes a lu le cahier de doléances de trois communes du Nord, alors que commence le grand débat national voulu par le président de la République…

Gilles Durand, François Launay & Mikaël Libert

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Le cahier de doléances mis en place à Pont-à-Marcq, dans le Nord.
Le cahier de doléances mis en place à Pont-à-Marcq, dans le Nord. — M.Libert / 20 Minutes
  • Le préfet du Nord a lancé officiellement, vendredi, le grand débat national dans le département.
  • 20 Minutes a jeté un œil sur les cahiers de doléances de trois communes du Nord.
  • Peu de participants pour ces cahiers de doléances, mais de nombreuses propositions.

Dans le Nord, le grand débat national a été officiellement lancé, vendredi, par le préfet. Ce dernier espère qu’il n’y aura « aucune zone blanche » et que les débats « se déploieront sur l’ensemble du département » Pour l’instant, sept débats ont été programmés dans le Nord (et une douzaine dans la région Hauts-de-France).

Un manque d’engouement qu’on retrouve dans les cahiers de doléances mis en place dans certaines communes. 20 Minutes est allé jeter un œil sur les propositions à Villeneuve d’Ascq (62.000 habitants), La Madeleine (21.000) et Pont-à-Marcq (3.000), où une quarantaine de personnes se sont livrées.

« Les élus consultent régulièrement ce cahier »

Laissons de côté les demandes hors sujet comme l’organisation d’une braderie pour se pencher sur les nombreuses propositions. A La Madeleine, où « les élus consultent régulièrement ce cahier », nous dit-on, ce sont avant tout les inquiétudes sur les injustices et « la République en danger » qui ressortent. « Stop à l’injustice fiscale », mais aussi « Non à la sédition des gilets jaunes », peut-on lire.

Ce sentiment d’injustice se retrouve dans de nombreux témoignages. « Je gagne 780 euros par mois, alors que Jouanno allait gagner 14.000 (…) Les hauts fonctionnaires sont trop payés », estime une habitante de Villeneuve d’Ascq. Jean-Noël, avec d’autres, réclame une hausse des retraites et du Smic.

Un autre publie quatre pages de citations de l’abbé Pierre pour appuyer l’argumentaire. « Il faut diminuer les privilèges », implore une jeune femme.

« Vache à lait »

Le thème de la fiscalité est souvent lié à l’expression « vache à lait ». « Baisser la fiscalité sur les bas revenus, les classes moyennes et les TPE/PME », demande un citoyen de Pont-à-Marcq. Alfred n’hésite pas à exiger « la suppression de toutes les taxes ».

Le désengagement de l’Etat dans les services publics est également pointé du doigt à trois reprises. Par exemple, la renationalisation des autoroutes, « construites avec l’argent de nos ancêtres ».

« On en a marre des politiciens de carrière »

Les élus sont aussi directement ciblés. On réclame la réduction de leur nombre ou la « suppression d’une chambre parlementaire ». « On en a marre des politiciens de carrière », déplore un citoyen.

Ici, on évoque « la gratuité des transports », ailleurs, « une fusion des allocations en une seule, imposable et plafonnée » ou « des actions pour permettre la réduction des déchets ». Enfin, le thème de l’immigration revient à quatre reprises.

« J’ai du respect pour la fonction présidentielle, mais vous nous méprisez », lance un Villeneuvois, en s’adressant à Emmanuel Macron. « N’oubliez pas que vous avez été élu avec 17 % des électeurs inscrits. »