Lille: «Aucune réponse au changement climatique»: Pourquoi les associations écolos sont vent debout contre le futur plan local d'urbanisme de la métropole

ENVIRONNEMENT Un collectif inter-associatif étrille le futur plan local d’urbanisme de la MEL soumis à une enquête publique jusqu’à ce vendredi 11 janvier…

Francois Launay

— 

La qualité de l'air est l'une des grosses inquiétudes pointées du doigt par les associations lilloises.
La qualité de l'air est l'une des grosses inquiétudes pointées du doigt par les associations lilloises. — PHILIPPE HUGUEN / AFP
  • La métropole lilloise votera au deuxième semestre 2019 le deuxième plan local d’urbanisme de son histoire, quinze ans après le premier.
  • Problème, les associations de défense de l’environnement critiquent la première version d’un PLU pas à la hauteur du défi du changement climatique selon elles.

C’est un document fastidieux et très détaillé de plusieurs centaines de pages,consultables gratuitement sur Internet, qui va conditionner les quinze prochaines années de la métropole lilloise en termes d’aménagement du territoire. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU), puisque c’est de lui qu’il s’agit, doit par exemple être respecté pour pouvoir obtenir un permis de construire.

Depuis deux ans, la MEL (Métropole Européenne de Lille) a décidé d’établir le deuxième PLU de son histoire, quinze ans après la mise en place du premier dans 85 communes de la métropole.

« Un PLU des années soixante-dix au moment où il faut préparer la transition écologique du XXIe siècle »

Après concertation avec différents acteurs locaux, les élus ont établi un PLU soumis depuis le 20 novembre à une large enquête publique, qui se termine ce vendredi. Tous les citoyens qui le désirent  ont pu donner leur avis. Problème : les acteurs environnementaux n’ont pas été du tout emballés par ce qu’ils y ont trouvé.

« Les choix faits dans ce PLU intercommunal continuent l’expansion urbaine sur les terres agricoles. Ils menacent aussi la ressource en eau qui est la première vulnérabilité de notre territoire. Ce modèle de développement est aussi un facteur de mobilité automobile supplémentaire et donc un facteur de dégradation supplémentaire de la qualité de l’air. C’est un PLU des années soixante-dix au moment où il faut préparer la transition écologique du XXIe siècle. Tout cela va contribuer à dégrader la qualité de vie des métropolitains et leur santé », s’alarme Xavier Galand, directeur de la Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités (MRES).

De nombreuses inquiétudes pour les associations

Dans une lettre ouverte de seize pages adressée aux élus, les acteurs environnementaux de la métropole lilloise pointent du doigt les manques écologiques du futur PLU.Impacts environnementaux non quantifiés, danger sur la qualité de l’air, construction sur des terres agricoles ou encore inquiétudes sur les ressources en eau et la bio-diversité, les choix des élus sont étrillés.

« Ils continuent de sacrifier la terre agricole pour y poser une énième zone d’activité logistique alors qu’on a 40 hectares de tertiaire disponibles sur le territoire métropolitain. A quoi bon continuer alors que celui qui est existant n’est pas encore consommé ? », s’interroge Xavier Galand.

Le collectif veut mobiliser les citoyens et réécrire le PLU

Le collectif inter-associatif a donc décidé de remettre un avis négatif aux commissaires enquêteurs qui remonteront les différentes contributions à la MEL. Cette dernière décidera ensuite de procéder ou non à des ajustements avant d’adopter définitivement le PLU au deuxième semestre 2019. D’ailleurs, à entendre Bernard Delaby, vice-président en charge de l’aménagement du territoire à la MEL, rien n’est figé.

« Le PLU approuvé en fin d’année sera différent de celui présenté à l’enquête publique. En effet, il intégrera au mieux les conclusions de l’enquête publique et les avis des personnes publiques associées. Sur la préservation de la ressource en eau potable, par exemple, nous entendons prendre des décisions ambitieuses et nous projeter dans un modèle de développement vertueux et innovant qui fera de la MEL un territoire exemplaire en la matière », veut rassurer l’élu.

De son côté, le collectif espère un revirement rapide des élus. « Aujourd’hui, on est très loin du compte alors que ce qui se joue là est essentiel pour notre avenir. On veut réécrire un PLU avec un cadre de réflexion sur les enjeux environnementaux menacés à l’échelle de la métropole. On verra si on y arrivera », conclut le directeur de la MRES. Réponse dans les prochaines semaines.