Amiens: Une étude met (clairement) en évidence le rôle de la pollution de l'air sur une maladie des poumons

SANTE Le centre hospitalier d’Amiens et l’observatoire régional de l’air, Atmo, ont mis en évidence le lien entre les pics de pollutions et l’augmentation des problèmes pulmonaires chez certains malades…

Gilles Durand

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Illustration de la marche pour le climat en décembre 2018, à Paris.
Illustration de la marche pour le climat en décembre 2018, à Paris. — J. Witt / SIPA
  • Il existe une corrélation entre les épisodes de pollution atmosphérique et les problèmes pulmonaires que certains malades peuvent ressentir, selon une étude réalisée à Amiens.
  • Les trois épisodes de pollution constatés correspondent à trois pics de consultation à l’hôpital pour cause d’exacerbations d’une maladie pulmonaire inflammatoire.
  • Une nouvelle étude doit être menée en 2020 pour connaître les composants de cette pollution atmosphérique.

Si certains en doutaient encore, la preuve est faite. Il existe une corrélation entre les épisodes de pollution atmosphérique et les problèmes pulmonaires que certains malades peuvent ressentir, selon une étude menée par l’observatoire régional de l’air, Atmo, et le centre hospitalier (CHU) d’Amiens, dans la Somme.

Baptisée PolluBPCO, cette étude, dévoilée mardi, a mis en évidence un lien entre l’augmentation des concentrations de polluants* et les pics de consultation ou d’hospitalisation pour cause d’exacerbations de la broncho pneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Maladie pulmonaire inflammatoire des bronches

Il s’agit d’une maladie pulmonaire inflammatoire des bronches qui touche particulièrement les fumeurs ou anciens fumeurs. Elle est particulièrement répandue dans la région des Hauts-de-France où le taux d’hospitalisation et de mortalité est supérieur de 20 % à la moyenne nationale.

Pour cette étude, Atmo a mis à disposition du CHU d’Amiens les résultats de la surveillance de la qualité de l’air sur la métropole amiénoise en 2017. Le secteur a connu trois épisodes de pollution, en janvier, février et juin. A chaque fois, des pics de consultations médicales ont été constatés, trois à cinq jours plus tard. « Les niveaux des particules fines, de dioxyde d’azote et d’ozone n’expliquent pas, à eux seuls, l’augmentation des consultations aux urgences, mais leur rôle est significativement établi », précise Atmo et le CHU d’Amiens, dans un communiqué.

Aucune directive européenne

« Cette mise en évidence pourrait être un élément de décision des pouvoirs publics pour améliorer la qualité de l’air », indique aussi le communiqué. Il est vrai que les particules fines les plus dangereuses pour la santé (PM 2,5) ne font l’objet d’aucun seuil d’alerte lors d’épisodes de pollution. « Il n’existe aucune directive européenne sur le sujet », indique Atmo à 20 Minutes.

Une nouvelle étude complémentaire doit être menée en 2020 pour tenter de déceler la composition des particules et une analyse des métaux lourds présents dans l’air. Elle sera étendue à la clinique de l’Europe d’Amiens et au CHRU de Lille.

* Plusieurs types de pollution sont concernés : le dioxyde d’azote, les particules fines et l’ozone.