« Cultiver bio, c'est préserver l'eau »

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Benoît Canis

Maraîcher à Wavrin, Secrétaire du Gabnor, Groupement des agriculteurs bio du Nord-Pas-de-Calais

Quel était l'objectif des Rencontres européennes du bio, jeudi et vendredi derniers à Lille ?

L'idée est de valoriser les initiatives régionales. En 2007, plus de 580 000 repas incluant au moins un aliment bio ont été servis dans la région, dont 83 % en maternelle et primaire. D'ici à la fin de son mandat, Martine Aubry, [maire PS de Lille] s'est engagée à ce que 50 % des 12 000 repas servis tous les jours par la ville soient bio.

C'est un objectif suffisant, 50 % ?

Il s'agit de travailler par filière et d'effectuer une montée en charge progressive. Nous avons conseillé aux acheteurs de la ville de privilégier régulièrement un aliment bio par repas, plutôt qu'un repas 100 % bio de temps en temps. L'intérêt étant d'acheter bio et local pour ne pas alourdir les émissions de CO2. Au-delà de cette initiative, qui devrait s'articuler à l'échelle de la métropole, une vraie synergie régionale est en train de se mettre en place.

Quelle synergie ?

L'agriculture biologique a un rôle primordial à jouer dans la protection des nappes phréatiques. Cultiver bio sur les champs captants - situés autour de ces nappes - permet de préserver la qualité de l'eau. Les élus en sont conscients. La région et l'agence de l'eau travaillent de concert pour trouver les leviers permettant de passer en bio un tiers des 210 000 ha de champs captants du Nord-Pas-de-Calais.