Lille: Une collecte de serviettes hygiéniques pour lutter contre la précarité menstruelle

SOCIETE Un collectif de citoyens lillois a eu l’idée de lancer une collecte de serviettes hygiéniques pour venir en aide aux femmes en situation de précarité…

Francois Launay

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C'est dans ce genre de boite que les gens sont invités à venir déposer des serviettes hygiéniques
C'est dans ce genre de boite que les gens sont invités à venir déposer des serviettes hygiéniques — M.Libert/20 Minutes
  • Le collectif « Et Pendant ce temps-là, le Tampax » veut lutter contre la précarité sanitaire des femmes.
  • L’idée est de collecter des protections hygiéniques pour les redistribuer à des femmes en situation de précarité qui n’ont pas les moyens de les acheter.

Et Pendant ce temps-là, le Tampax. Derrière ce jeu de mots se cache le nom d’un collectif lillois qui a décidé de lutter à sa façon contre la précarité sanitaire. Suite à des discussions avec plusieurs responsables associatifs, ces Nordistes se sont rendu compte que le coût des protections hygiéniques (estimé à près de 23.000 euros dans la vie d’une femme) posait chaque mois un gros problème pour des femmes migrantes, SDF ou travailleuses pauvres.

« Ça coûte un bras au point que certaines femmes doivent faire le choix entre manger ou se protéger. Du coup, elles font ça avec du papier journal, des vieux tee-shirts ou encore du coton. C’est une catastrophe sanitaire », constate Marie Libert, l’une des fondatrices de ce collectif de citoyens.

Une dizaine de commerçants partenaires

Alors, pour régler ce problème, l’idée d’une grande collecte de serviettes hygiéniques est née. Depuis ce lundi, tous ceux qui le désirent peuvent venir déposer gratuitement des paquets de protections dans la dizaine de commerces partenaires de l’opération. Le collectif se chargera ensuite de récupérer les serviettes pour les donner à l’Agence du Don en Nature qui les redistribuera aux associations en lien avec les bénéficiaires.

Une dizaine de commerçants lillois sont partenaires de l'opération
Une dizaine de commerçants lillois sont partenaires de l'opération - M.Libert/20 Minutes

« On veut faire bouger les lignes »

L’opération est prévue pour durer trois semaines même si, à terme, le collectif espère rendre la chose pérenne. « On veut faire bouger les lignes. Par exemple, en Ecosse, ils ont réussi à légiférer et les protections sont devenues gratuites pour les étudiantes et les femmes précaires. Notre rôle c’est de sensibiliser les gens sur la question pour que ceux qui voient une femme dans la rue aient aussi le réflexe d’aller lui acheter un paquet de serviettes et pas seulement de lui donner de l’argent. Elles ont ce problème-là tous les mois. C’est un vrai besoin », insiste Marie Libert.

La démarche, qui rencontre un large écho, pourrait revenir rapidement aux oreilles des pouvoirs publics. Le bon moyen de mettre sur la table un problème sanitaire trop méconnu.