Des poubelles ont été brûlées en marge de la manifestation des «gilets jaunes», dans le quartier de Wazemmes, à Lille, samedi 5 janvier 2019.
Des poubelles ont été brûlées en marge de la manifestation des «gilets jaunes», dans le quartier de Wazemmes, à Lille, samedi 5 janvier 2019. — AFP

MANIFESTATION

«Gilets jaunes» à Lille: Quelques tensions autour de la manifestation et 42 personnes arrêtées

La manifestation lilloise, qui se tenait dimanche, lors de l’acte 8 des "Gilets jaunes", a donné lieu à 42 arrestations…

La préfecture annonce 42 interpellations. Environ un millier de « gilets jaunes » ont manifesté, samedi, à Lille lors d’un « acte 8 », émaillé de heurts, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Les vrais escrocs sont au pouvoir », « quand tout sera privé, on sera privé de tout », « ma pancarte est trop petite devant tant d’injustice », pouvait-on lire sur les gilets fluorescents et autres panneaux.

Des feux d’artifice devant la gare

Les manifestants ont d’abord suivi le parcours officiel déclaré auprès des autorités, entonnant la Marseillaise, « Bella ciao » ou « Castaner, en prison ». Ils ont également tiré des feux d’artifice devant la gare. Certains portaient des masques en papier représentant le visage d’Alexandre Benalla.

Arrivés sur la Grand-Place, les CRS ont dispersé des manifestants, dont une poignée a lancé des projectiles, avec des tirs de gaz lacrymogène pour les empêcher d’aller rue Esquermoise dans les lieux touristiques du Vieux-Lille, où l’on compte de nombreuses boutiques de luxe.

a manifestation des «gilets jaunes» à Lille, le samedi 5 janvier 2019.
a manifestation des «gilets jaunes» à Lille, le samedi 5 janvier 2019. - AFP

Vers la fin du défilé, le cortège s’est ensuite scindé en deux, une partie terminant dans le calme le parcours déclaré, une autre tournant dans une rue d’un quartier populaire, sans rencontrer de CRS.

Des poubelles enflammées

Ils ont ainsi déambulé dans Wazemmes pendant une demi-heure jusqu’à ce que les CRS les repoussent plus loin par des tirs de lacrymogène et de « balles de défense », ont constaté un vidéaste et un photographe de l’AFP. Des manifestants ont renversé et enflammé des poubelles.

Quarante-deux personnes ont été interpellées, a indiqué la préfecture, sans préciser si toutes avaient été placées en garde à vue.

« Les tensions, c’est pas nous qui les provoquons, il faut savoir qu’on est dans un Etat qui est de plus en plus autoritaire, il y a une criminalisation des mobilisés », a estimé, auprès de l’AFP, Alexandre Chantry, co-organisateur, avant le début de la manifestation. « Je pense que Macron en est là, il préfère mettre les gens en prison que de les écouter. Qu’il continue, on le fera dégager, ça ira très vite. »

« J’aimerais qu’ils nous écoutent »

« Nous, on est fonctionnaires catégorie C et on nous donne rien du tout », a expliqué Séverine, employée dans une mairie près de Somain, dans le Nord, remontée contre « l’arrogance » d’Emmanuel Macron. « J’aimerais qu’ils nous écoutent, là, ils font semblant de nous écouter. »

« Je viens parce que je veux qu’on me voie et qu’on me respecte. Quelle place ont les personnes handicapées sous Macron ? Les personnes handicapées n’ont pas de place », s’est indigné Guy Patin, 70 ans, en fauteuil.

Selon la préfecture du Nord, un peu moins de 300 personnes ont manifesté à Douai et 200 à Valenciennes, où sept personnes ont été interpellées.