Nord: La justice confirme la fermeture administrative d'une salle de prière musulmane

RELIGION Le tribunal administratif a conforté la décision préfectorale de fermer pour six mois une salle de prières musulmane à Hautmont, dans le Nord…

Gilles Durand

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Illustration d'une salle de prière.
Illustration d'une salle de prière. — A. Gelebart / 20 Minutes
  • Le préfet du Nord avait demandé la fermeture administrative d’une mosquée à Hautmont, pour des propos haineux lors des prêches.
  • Les responsables du lieu de culte avaient formé un recours auprès du tribunal administratif de Lille pour faire annuler la décision préfectorale.
  • Le juge vient de confirmer la fermeture de la salle de prières pour six mois.

La mosquée As-Sunnah d’Hautmont, dans le Nord, restera bien portes closes pendant six mois. Le juge des référés du tribunal administratif (TA) de Lille a confirmé, ce mardi, la fermeture de ce lieu de culte. Une fermeture décidée, jeudi, par le préfet du Nord. Les responsables de l’association Assalem, qui gèrent la salle de prières, avait formé un referé-liberté pour faire suspendre cette décision préfectorale.

Le juge leur a donné tort en rejetant la requête. « En ordonnant la fermeture provisoire du lieu de culte, le préfet n’a pas porté à la liberté de culte une atteinte manifestement illégale », résume le TA, dans un communiqué.

Un phénomène croissant de déscolarisation

Le juge considère que « des propos incitant à la haine envers les fidèles d’autres religions, légitimant la violence envers les non musulmans et prônant le rejet des valeurs de la République, ont été tenus dans des prêches ».

Le tribunal reproche aussi le fait que des ouvrages appelant à la haine ont été mis à disposition des personnes fréquentant ce lieu de culte sunnite. En outre, il estime « que la salle de prière est fréquentée de manière habituelle par de nombreuses personnes radicalisées et que l’influence de ce lieu de culte s’étend à l’ensemble de la vie locale, affectant en particulier les plus jeunes, ainsi qu’en témoigne un phénomène croissant de déscolarisation dans le secteur. »

L’association a, certes, fait état de sa volonté de mettre en œuvre certaines mesures correctrices, selon le juge, mais elle ne fournit « aucun engagement précis et n’établit pas qu’elle serait en mesure d’éviter, dans un bref délai, la réitération des graves dérives qui ont été constatées ».