Lille: En 2018, l’atmosphère était irrespirable un jour sur six dans la métropole

ENVIRONNEMENT Alors qu’il ne faudrait pas dépasser trois jours de pollution aux particules très fines, la métropole lilloise en a cumulé une soixantaine en 2018…

Gilles Durand

— 

Lille, le 19 fevrier 2012. Des capteurs de pollution atmospherique a Lille.
Lille, le 19 fevrier 2012. Des capteurs de pollution atmospherique a Lille. — M.Libert/20 Minutes
  • Les particules très fines (appelées PM 2,5) sont une source de pollution qui n’est pas réglementée, même si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise d’en limiter les effets.
  • La métropole de Lille a été le théâtre, en 2018, d’une soixantaine d’épisodes de pollution aux particules PM 2,5, soit vingt fois plus que les recommandations de l’OMS.
  • Ces pollutions peuvent être d’origines variables difficiles à analyser.

La pollution atmosphérique persiste dans les Hauts-de-France. On respire moins bien à Lille qu’à Paris. A tel point qu’une pétition a été lancée, la semaine dernière, pour demander à la ville d’intervenir auprès du préfet pour « mettre en œuvre un plan d’actions efficace », à la suite d’un article de France Inter. Mais de quelle pollution parle-t-on ? Et existe-t-il vraiment des solutions ?

Des particules plus dangereuses mais moins surveillées

Le site Atmo, qui mesure les niveaux régionaux de pollution quotidiennement grâce à des capteurs, répertorie deux types de particules polluantes : les PM 10 et les PM 2,5, toutes deux invisibles à l’œil nu. Le diamètre des premières est inférieur à 10 micromètres (µm), celui des secondes à 2,5 µm. Plus fines, les PM 2,5 sont plus dangereuses pour la santé car elles peuvent se glisser plus loin dans l’organisme. Or, contrairement aux PM 10, il n’existe aucun seuil réglementaire concernant ces PM2,5.

Une mauvaise qualité de l’air, pas seulement à Lille

L’absence de seuil réglementaire n’empêche pas l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de recommander de ne pas dépasser trois jours par an au-dessus de 25 µg de PM 2,5. En vain. La station lilloise d’Atmo a comptabilisé une soixantaine de jours de pollution depuis le début de l’année. Mais cette pollution est également détectée en pleine campagne. A Campagne-les-Boulonnais, dans le Pas-de-Calais, par exemple, Atmo a dénombré 33 jours de dépassement des 25 µg. Lille est donc loin d’être la seule ville concernée.

Que peut faire la ville de Lille ?

La mairie de Lille a demandé à la préfecture, en septembre, de limiter la vitesse de circulation à 70 km/h sur le périphérique et d'interdire la circulation des poids lourds le matin entre 7h et 8h30 et en fin d'après-midi, entre 17h et 19h. Sans succès. Mais la circulation automobile (et le diesel) n’est pas la seule cause. Les centrales à charbons d’Allemagne, des Pays-Bas et d’Angleterre participent aussi de cette pollution. « Mais il n’y a pas que ça. D’autres phénomènes sont aussi à prendre en compte comme le chauffage, par exemple », assure Céline Derosiaux d’Atmo.

Les limites de l’analyse

Pour Atmo, le gros enjeu est de savoir de quoi sont composées ces particules qui nous empêchent de respirer convenablement. « Malheureusement, un seul de nos appareils, installé à Creil, peut effectuer des analyses très fines sur la composition. Et il coûte très cher », avoue Céline Derosiaux. Et d’expliquer que sur un même épisode de pollution, Atmo a déjà constaté qu’il avait été provoqué par une réaction des particules entre elles. « Ensuite, le week-end, il a fait très froid et c’est le chauffage au bois qui a prolongé le phénomène. Puis le lundi matin, c’est le trafic automobile qui a pris le relais. » Seule certitude : l’augmentation de la pollution est globalement liée à celle de l’activité économique.