Lille: Le procès des militants antispécistes renvoyé en mai 2019

JUSTICE Le tribunal de Lille a décidé de renvoyer l’audience où devaient comparaître deux militants soupçonnés d’avoir vandalisé des devantures de commerces…

G.D. avec AFP

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Lille, le 4 juin 2018. Le restaurant Canard Street, dans le rue de Bethune, a ete vandalise par des militants contre le specisme.
Lille, le 4 juin 2018. Le restaurant Canard Street, dans le rue de Bethune, a ete vandalise par des militants contre le specisme. — M.Libert / 20 Minutes

Ils sont soupçonnés d’avoir vandalisé une poissonnerie, un restaurant et une boucherie. Ce vendredi, le tribunal correctionnel de Lille a renvoyé au 2 mai 2019 le procès de deux activistes antispécistes.

Une jeune femme de 21 ans et un homme sont poursuivis pour « dégradations volontaires en réunion » commises en mai sur ces commerces alimentaires du centre-ville, parfois tagués « stop au spécisme ».

Pour une meilleure organisation des débats

Leur procès a été renvoyé conformément aux réquisitions du parquet, pour des questions de meilleure organisation des débats.

Valérie Carreel, gérante de la boucherie L’Esquermoise dont la vitrine a été brisée, a reconnu à l’issue de cette courte audience « un peu de déception », mais estime que ce report « laissera le temps au juge d’examiner les faits pour les juger clairement et honnêtement ».

« J’attends une peine exemplaire, contre ces gens qui saccagent le travail des autres, ne respectent personne, peuvent mettre une société en péril », a-t-elle déclaré.

« On va toujours plus loin dans la cruauté »

« Ce qui me rend malheureux, c’est qu’on soit obligés de casser pour se faire entendre », a expliqué pour sa part l’un des deux prévenus, âgé de 31 ans, niant cependant les faits qui lui sont reprochés.

« Cela fait des dizaines d’années qu’on milite pour les animaux et rien ne se passe, on va toujours plus loin dans la cruauté. Et dès qu’on balance une pierre dans une vitrine, la presse s’en mêle et l’Etat intervient », a-t-il déploré. Le tribunal a levé le couvre-feu nocturne dont il faisait l’objet, mais maintenu son contrôle judiciaire.

Refus de la hiérarchisation entre espèces

Une quarantaine de militants antispécistes, qui défendent la cause animale et refusent la hiérarchisation entre espèces, s’étaient également donné rendez-vous dans le hall devant la salle d’audience.

« Ce ne sont pas ces actes de violence contre une vitrine qui doivent être jugés mais le spécisme, qui tue des milliards d’êtres sensibles tous les jours », a soutenu Joy, membre du Comité de soutien aux activistes antispécistes (CSAA) qui accompagnait « moralement et financièrement » les prévenus.