Aurélien Vehrassel, président de «La Citadelle».
Aurélien Vehrassel, président de «La Citadelle». — M.Libert / 20 Minutes

EXTRÊME DROITE

Lille: Une enquête préliminaire ouverte après le documentaire sur La Citadelle

Le documentaire «Generation hate» diffusé par Al-Jazeera a mis en branle les machines judiciaire et administrative…

Les jours de la Citadelle sont-ils comptés ? Lundi, la chaîne qatarie Al-Jazeera a diffusé la première partie d’un reportage intitulé « Generation hate », réalisé par un journaliste infiltré dans le milieu des identitaires lillois. La plupart des séquences sont filmées en caméra cachée et à l’intérieur du club privé « La Citadelle ». Les propos racistes, haineux, nazis et des scènes de violences que l’on voit dans le documentaire ont notamment choqué la maire de Lille, Martine Aubry.

Mardi, dans un communiqué, Martine Aubry avait dénoncé les « propos insupportables tenus par des membres de Génération identitaire, au sein notamment des locaux du club privé La Citadelle ». Dans la foulée, l’élue avait écrit au préfet du Nord pour lui signaler des faits qui lui semblent « pouvoir recouvrir différentes qualifications pénales ».

Le parquet évalue la situation

Le préfet a affirmé que « les propos racistes tenus et les actions violentes, avérées ou planifiées […] ne sont pas acceptables », précisant que le procureur de la République de Lille avait été saisi par ses soins dans le cadre de l’article 40 du Code de procédure pénale.

Dès mardi, le parquet de Lille avait confirmé à 20 Minutes qu’il était en train « d’évaluer la situation », avant de décider des actions à engager. Mercredi soir, le procureur a finalement décidé d’ouvrir une enquête préliminaire « en vue de caractériser des infractions pénales susceptibles d’entraîner des poursuites au delà des mesures administratives relevant des autorités compétentes ». Les investigations ont été confiées à la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) du Nord. Selon nos informations, les services du procureur attendent aussi la diffusion de la seconde partie du reportage pour y relever éventuellement d’autres faits susceptibles de faire l’objet de poursuites.

Le côté administratif en plus du pénal

Outre les propos et actes pouvant relever du droit pénal, les autorités s’attellent à chercher une faille administrative. Une source judiciaire expliquait à 20 Minutes : « On peut voir dans le reportage des personnes boire de l’alcool et fumer à l’intérieur de la Citadelle. Il s’agit de vérifier si l’association a effectivement le droit de vendre de l’alcool. Si c’est un club privé réservé aux membres de l’association ou non. »

Selon les textes, une association peut gérer un bar si elle se conforme à certaines règles. Aucune autorisation n’est nécessaire si le bar est réservé à ses membres. En revanche, si le lieu accueille du public, l’association doit « posséder une licence de restaurant ou de débit de boissons ». Dans sa réponse, envoyée par mail à 20 Minutes, le président de La Citadelle, Aurélien Verhassel évoque tantôt un « lieu convivial privé », tantôt un « lieu public ». De son côté, Génération identitaire affirme qu’Aurélien Verhassel ne fait plus partie de ses rangs et que La Citadelle n’a aucun lien avec le mouvement.