Lille: La destruction d’une partie de la friche Saint-Sauveur alerte deux associations

ENVIRONNEMENT Les deux associations, qui ont fait suspendre le projet d’urbanisme de Saint-Sauveur, à Lille, s’inquiètent de la poursuite des travaux sur le site…

Gilles Durand

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Une partie de la friche Saint-Sauveur, en août 2018.
Une partie de la friche Saint-Sauveur, en août 2018. — G. Durand / 20 Minutes
  • En octobre, le tribunal administratif suspendait le projet d’urbanisme concernant le nouveau quartier Saint-Sauveur, à Lille.
  • Depuis, les associations dénoncent la poursuite des travaux de défrichage du site.
  • La maire de Lille assure avoir nettoyé la friche d’une plante invasive.

Le vert a disparu pour laisser place au gris. En quelques mois, les bulldozers ont rasé une bonne partie des espaces naturels de la friche Saint-Sauveur. Une friche de 23 ha (46 terrains de football) sur laquelle la ville de Lille projette, depuis plusieurs années, de construire un nouveau quartier.

Or, en octobre, le tribunal administratif (TA) a ordonné la suspension de ce projet Saint-Sauveur, en particulier, tant qu’une étude sur la qualité de l’air n’a pas été réalisée. Pourtant, depuis cette décision du TA, les associations, à l’origine du recours contre ce projet d’urbanisme, ont constaté que les travaux continuaient sur la friche.

« Supprimer les preuves de la biodiversité »

« En détruisant la végétation, la mairie veut, d’une part, rassurer les investisseurs et, d’autre part, supprimer les preuves de la biodiversité qui existait sur la friche », soulignent les assos Parc et Aspi, dans un communiqué. « Il s’agit d’empêcher quiconque souhaiterait étudier l’état initial des futures zones à urbaniser et d’araser les imaginaires des habitants confrontés désormais à un trou de bombe plutôt qu’à un début de parc sauvage », insistent-elles.

Un procès d’intention que dénonce la mairie de Lille. « Les phases de travaux en cours sont légales, précise Stanislas Dendiével, conseiller municipal délégué à l’urbanisme. Il s’agit de chantiers d’entretien et de préparation. Une phase de ces travaux doit d’ailleurs permettre un diagnostic archéologique. »

Une plante invasive éradiquée

Selon l’élu, le sous-sol de cette friche est recouvert en grande partie d’un massif de béton « sans grand intérêt ». Il assure que « ce nettoyage a surtout permis de se débarrasser de la renouée du Japon, une plante invasive classée parmi les cent plus préoccupantes du monde ».

A contrario, « une plante, qui présentait un intérêt en termes de biodiversité, a été transférée, cet automne, sur un autre site de friche ferroviaire à Roubaix, suivant les prescriptions de l’autorité environnementale », indique Stanislas Dendiével.

Un papillon dans le jardin

« Il y avait bien d’autres plantes, d’insectes, d’oiseaux et de mammifères qui, en 15 ans, avaient reconquis cette ancienne plate-forme ferroviaire », renchérit Bénédicte Vidaillet, de l’association Parc qui appelle à un happening devant la mairie de Lille, vendredi, à l’occasion du conseil municipal.

« Nous allons expliquer à la maire de Lille, Martine Aubry, que si elle a pu voir un papillon dans son jardin, c’est grâce à l’existence d’îlot de verdure comme celui de Saint-Sauveur », poursuit-elle.

Le lendemain, samedi, à partir de 14h, la marche du climat doit partir du belvédère de la friche où doit être construite une piscine olympique.