Nord: Un documentaire télé retrace «la bataille de l'acier» que livre Ascoval

TELEVISION France 3 diffuse un documentaire qui relate la vie de tous les jours au cœur d'une aciérie qui lutte contre sa fermeture, dans le Nord...

Gilles Durand

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Extrait du documentaire «Ascoval: la bataille de l'acier», diffusé sur France 3, à 22h40, jeudi 29 novembre 2018.
Extrait du documentaire «Ascoval: la bataille de l'acier», diffusé sur France 3, à 22h40, jeudi 29 novembre 2018. — Eric Guéret / Bonne Pioche
  • L’usine sidérurgique nordiste, Ascoval, est en redressement judiciaire depuis un an.
  • Le documentaire d’Eric Guéret, Ascoval, la bataille de l’acier, retrace une année de combat des salariés, de l’ouvrier au patron.
  • La diffusion de ce documentaire est programmée dans la soirée du jeudi 29 novembre, sur France 3.

« Si tu veux nourrir ta famille, il faut accepter les règles du jeu. Et ce n’est pas nous qui les fixons ». Patrick a des sanglots dans la voix quand il évoque l’avenir de son usine, Ascoval.

Depuis un an et son placement en redressement judiciaire, l’aciérie de Saint-Saulve, près de Valenciennes, dans le Nord, lutte pour sa survie. Une décision du tribunal de commerce de Strasbourg doit sceller son destin, le 12 décembre.

Un an de combat

France 3 diffuse, ce jeudi, à 22h40, un documentaire, baptisé Ascoval, la bataille de l’acier, qui raconte un an de combat à travers les témoignages des ouvriers et de la direction de cette usine qui emploie 300 personnes.

La grande réussite d’Eric Guéret, le réalisateur, est d’avoir su faire oublier sa caméra. On plonge au cœur d’un monde absent des radars médiatiques pour se poser la question : face à la mondialisation, est-il possible de sauver l’industrie française ?

De l’émotion, ce docu en regorge. Michel essuie une larme en évoquant la situation. Patrick a honte d’annoncer la nouvelle à sa femme, n'ose plus regarder ses enfants, lui, « le chef de famille ». Un autre a décidé de partir. Il considère l’usine comme une seconde famille. Le risque de fermeture ? « C’est comme un père de famille qui lâcherait ses enfants. »

Un « métier noble »

Aciériste, c’est un « métier noble », un travail humain méticuleux qui permet de transformer de la ferraille de récupération en acier. Même si c’est « un avant-goût de l’enfer » avec ces températures insupportables.

« On doit trouver un repreneur », insiste le président d’Ascoval. Amélioration de la compétitivité, négociations pour réduire les RTT… Le quotidien des salariés est exposé. La situation financière du site n’a pourtant jamais été aussi bonne. Mais à quel prix !

Une des meilleures usines sidérurgistes d’Europe, remise à neuf en deux ans à coup de 100 millions d’euros, pourrait donc mourir en bonne santé. En un peu moins d’une heure, le documentaire nous fait comprendre les logiques économiques qui s’affrontent. Et au milieu, des hommes qui ne savent plus comment vivre et affronter le futur.