Lille: Les occupants d'un squat sauvés par la trêve hivernale

JUSTICE Le tribunal administratif de Lille enjoint les autorités à trouver une solution pour les demandeurs d’asile de la rue de Valenciennes…

Mikaël Libert

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Salle d'audience du tribunal administratif de Lille.
Salle d'audience du tribunal administratif de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Plus de 150 demandeurs d’asile squattent un bâtiment désaffecté à Lille.
  • Malgré une ordonnance d’expulsion, ils ont obtenu un sursis pour la trêve hivernale.
  • Les autorités devront aussi fournir des points d’eau et des toilettes.

En attendant le printemps. Lundi, le tribunal administratif de Lille a rendu sa décision dans l’affaire du squat de la rue de Valenciennes, à Lille. Le juge des référés avait été saisi par les 151 demandeurs d’asile qui occupaient illégalement un local appartenant au bailleur social Partenord et dont ils devaient être expulsés.

Depuis plusieurs mois, plusieurs dizaines de personnes squattent un bâtiment​ désaffecté situé au 25 rue de Valenciennes, à Lille. Le propriétaire des lieux, Partenord habitat, avait obtenu un jugement, en date du 24 mai dernier, ordonnant l’évacuation des lieux. La justice administrative avait donc été saisie, dans une procédure de référé, par les occupants afin, entre autres, que des solutions d’hébergement leur soient proposées.

Atteinte à une liberté fondamentale

Dans leur requête, les demandeurs d’asile avaient notamment mis en avant les conditions indignes dans lesquelles ils vivaient, insistant sur l’absence de point d’eau et de toilettes. Des arguments qui ont été retenus par le tribunal, lequel conclut que « la prise en compte par les autorités publiques des besoins élémentaires des occupants […] est manifestement insuffisante » amenant à des conditions « portant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ».

Pour autant, les requêtes des demandeurs ont été rejetées. Néanmoins, ayant considéré que la situation était urgente, le juge des référés s’est prononcé en faveur de la mise en place de solutions provisoires jusqu’à la fin de la trêve hivernale. Ainsi, le Préfet du Nord et la maire de Lille devront mettre en place des accès à l’eau potable ainsi que des toilettes. Ces dispositions devront être prises soit dans des locaux adaptés, soit sur le site de la rue de Valenciennes. L’Etat devra par ailleurs faire procéder à une évaluation sociale de la situation de chacun des requérants.