VIDEO. Qui est Fabien Roussel, député du Nord et (normalement) prochain secrétaire national du PCF?

PORTRAIT A moins d'une enorme surprise, le député du Nord, Fabien Roussel va succéder, dimanche, à Pierre Laurent, à la tête du Parti communiste...

Gilles Durand

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Lille, le 2 novembre 2015 - Portrait de Fabien Roussel, candidat PCF aux elections regionales.
Lille, le 2 novembre 2015 - Portrait de Fabien Roussel, candidat PCF aux elections regionales. — Gilles Durand / 20 Minutes
  • Le congrès du Parti communiste (PCF) doit élire, dimanche, Fabien Roussel comme secrétaire national, pour remplacer Pierre Laurent.
  • A 49 ans, Fabien Roussel est député du Nord depuis 2017.
  • Le futur numéro 1 du PCF prône le rassemblement avec toutes les forces de gauche, tout en faisant exister son parti aux élections.

Son prénom est déjà une référence chez les communistes, grâce au colonel Fabien. Dimanche, le député du Nord, Fabien Roussel devrait devenir secrétaire national du PCF, à la place de Pierre Laurent, désavoué en octobre, lors d’un vote des adhérents. La passation de pouvoir est prévue lors du congrès du Parti communiste qui commence vendredi, à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.

Fabien Roussel va donc, sauf énorme surprise, succéder à Pierre Laurent, en poste depuis 2010. A 49 ans, le Nordiste va s’atteler à redonner une visibilité à un parti en perte de vitesse après son absence aux deux dernières présidentielles et son faible score aux législatives de 2017.

Un des derniers bastions communistes

S’il est né à Béthune, l’homme a posé ses bagages à Saint-Amand-les-Eaux, près de Valenciennes, dans le Nord. Une terre qui reste un des derniers bastions communistes dans la région. Longtemps dans l’ombre d’Alain Bocquet, maire (PCF) de Saint-Amand-les-Eaux, Fabien Roussel a été élu député en 2017 et succède à son père spirituel à l’Assemblée nationale.

Ses proches disent de lui que c’est un bosseur qui potasse ses dossiers avec sérieux. « Il s’est totalement immergé dans la Commission des finances à tel point qu’il en attrape des insomnies », souligne un de ses collègues.

Quand il ne dort pas sur sa banquette à l’Assemblée, ce nordiste retourne chez lui et s’adonne, dès qu’il le peut, à son passe-temps favori : la pêche. « Il a un petit coin en face de chez lui », nous avoue-t-on, dans son entourage.

Affable et joyeux

Dans la vie de tous les jours, ceux qui le côtoient lui prêtent un côté affable et joyeux, avec un franc-parler. Ancien journaliste cameraman et fils d’un journaliste à L’Humanité, il se montre décontracté avec les médias qu’il connaît bien. C’est Michelle Demessine, alors secrétaire d’Etat, qui le recrute comme chargé de com' en 1997.

Son premier coup d’éclat médiatique résonne en 2004 lorsqu’il se lance dans les élections cantonales du Nord avec un slogan choc : « Je vote communiste et je t’emmerde ». « Cette affiche est destinée à faire réagir et à réveiller les gens contre une politique désastreuse », avouait-il, à l’époque.

Quelle ligne du parti va-t-il incarner ? Quand on l’interroge, son premier message, c’est de « combattre pour la paix ». « Jamais on a eu autant de guerres partout », souligne-t-il. C’est au nom de ce pacifiste qu’il s’est engagé aux jeunesses communistes. Dans les années 80, le jeune garçon milite pour la libération de Nelson Mandela. Le futur président de l’Afrique du sud est alors emprisonné dans un pays en proie à l’apartheid.

« Il ne faut plus se référer à des modèles »

Ami d’enfance Olivier Marchais, fils de Georges Marchais, ancien secrétaire général du PCF pendant plus de vingt ans, Fabien Roussel préfère, du passé, faire table rase. Et notamment les liens avec l’ancienne URSS. « La nouvelle génération de militants n’a pas connu cette période. Il ne faut plus se référer à des modèles », conseille-t-il.

Pourtant, quand on lui dit qu’il sera le premier nordiste à la tête du PCF depuis Maurice Thorez, il n’hésite pas à avouer sa fierté : « Je suis fan de son discours de 1934 qui a jeté les bases du Front Populaire, en rassemblant les forces de gauche ».

Car le succès du Font populaire, en 1936, c’est un peu le rêve de Fabien Roussel. Le rassemblement, « au-delà du PCF et de La France Insoumise [LFI] », il y croit. « La victoire de la gauche est à ce prix », assure-t-il. En même temps, il souhaite une présence effective de son parti aux prochaines élections. La synthèse va être compliquée.

« Notre vocation n’est pas de nous ranger derrière les Insoumis »

Issu pour moitié d’une famille croyante et pour l’autre communiste, Fabien Roussel en a peut-être gardé le sens du compromis, dans le respect des valeurs et des principes. Un sens du compromis qui sera bien utile car son bilan sera jugé dans la capacité de son parti à coexister avec LFI.

« Notre vocation n’est pas de nous ranger derrière les Insoumis. Nous devons être respectés en tant que force politique à part entière », annonce-t-il. Reste désormais à peser un peu plus dans les débats politiques.