VIDEO. «Gilets jaunes» dans le Nord: D’irréductibles manifestants ont entamé leur 4e jour de blocage

REPORTAGE Même s’ils sont de moins en moins nombreux, plusieurs points de blocage des « gilets jaunes » ont tout de même été répertoriés dans le Nord, mardi matin…

Mikael Libert

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Des «gilets jaunes» bloquent un rond-point près de Lille.
Des «gilets jaunes» bloquent un rond-point près de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • C’est le quatrième jour de mobilisation du mouvement des « gilets jaunes ».
  • Une douzaine de points de blocage recensés dans les Hauts-de-France.
  • Certains se sont déjà donné rendez-vous, mercredi, pour de nouveaux blocages.

« On lâche rien ». Tel était le mot d’ordre, mardi matin, des « gilets jaunes » qui poursuivaient le mouvement national entamé, samedi. Dans le Nord comme ailleurs, la mobilisation était néanmoins de bien moindre ampleur qu’ au cours du week-end. Mais quelques irréductibles sur le pied de guerre n’avaient pas l’intention de baisser les bras.

Mardi matin, la préfecture de région annonçait une douzaine de points de blocage sur l’ensemble des Hauts-de-France contre une vingtaine, lundi. Une mobilisation « officiellement » en baisse, même si 20 Minutes a aussi constaté que les autorités ne comptabilisaient pas toutes les actions. Par exemple, la rumeur faisait état d’un blocage non répertorié du côté d’Haubourdin.

« Rond-point stratégique »

Et à l’entrée d’Hallennes-lez-Haubourdin, nous avons effectivement trouvé une trentaine de « gilets jaunes ». « C’est un rond-point stratégique car il permet de bloquer la RN41, l’A25 et le port de Santes », explique John, 40 ans. De tous côtés, les véhicules arrêtés se comptent par dizaines.

« Au MIN de Lomme, ils sont que deux et ils mettent autant de bazar que vous », lance Mathilde au volant de son camion. Mais l’ambiance reste bonne, tant au sein de ce petit groupe, qu’avec les routiers, les automobilistes et les gendarmes présents. « On ne bloque pas, on laisse passer les voitures et on fait patienter les camions cinq minutes chacun », poursuit John, qui a posé une semaine de congé pour participer au mouvement.

Rendez-vous mercredi

« On a un vrai soutien de la population », assure Maxime en montrant un tas de victuailles déposé par des gens du coin. Lui aussi a posé un congé pour « faire la révolution » clame-t-il, fustigeant Emmanuel Macron. « A les écouter, personne n’a voté Macron. Pourtant il a quand même été élu », fulmine John. Pour Matthieu, 35 ans, le problème est ailleurs : « Pour faire réagir l’Etat, il faut bloquer les grands groupes et les multinationales car ce sont eux qui ont vraiment le pouvoir ».

« On nous vire comme des malpropres »

Soudain, le petit groupe s’agite : « Les gendarmes vont nous évacuer », lance-t-on. « C’est comme ça depuis le début, on nous vire comme des malpropres alors que personne ne va déloger les migrants qui foutent le bordel sur l’A16 », peste un gilet jaune.

« Moi, je ne suis pas là pour me faire matraquer », glisse un homme de 63 ans. Du coup, le groupe anticipe et plie bagages vers un autre rond-point, à Lomme. Avant cela, ils se sont mis d’accord pour se retrouver mercredi, même heure, même endroit.