Lille: «Il faut se pencher sérieusement sur les conduites à risque des adolescents», selon un principal de collège

EDUCATION NATIONALE Un collège nordiste a décidé d’organiser une journée de sensibilisation pour pouvoir déceler plus rapidement les élèves qui connaissent des problèmes…

Propos recueillis par Gilles Durand

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Alain Chanu, principal du collège Camille Claudel de Villeneuve d'Ascq.
Alain Chanu, principal du collège Camille Claudel de Villeneuve d'Ascq. — G. Durand / 20 Minutes
  • Pour la première fois, trois collèges et deux lycées ont travaillé ensemble autour des conduites à risque chez les adolescents.
  • Dans les établissements scolaires, on assiste à un accroissement des phobies scolaires et des troubles du sommeil.

Vendredi avait lieu une journée de sensibilisation aux conduites à risque des adolescents pour le personnel de l’Education nationale de trois collèges et deux lycées de Mons-en-Barœul et Villeneuve d’Ascq, dans la métropole lilloise. Une initiative originale mise en place par le collège Camille Claudel de Villeneuve d’Ascq. Alain Chanu, le principal, nous explique.

Pourquoi avoir organisé cette journée de sensibilisation ?

Nous sommes partis de deux constats. D’abord, la problématique des conduites à risque des adolescents évolue. On assiste à un accroissement des phobies scolaires et des troubles du sommeil, par exemple. Par ailleurs, l’incidence des portables et autres jeux vidéo renforce l’isolement. On voit des élèves à haut potentiel se renfermer sur eux-mêmes. Ensuite, nous nous sommes aperçus que nous travaillions avec des partenaires qui n’étaient pas connus des professionnels qui œuvrent dans nos établissements scolaires. L’objectif de cette journée était de donner des clés à ces professionnels pour déceler plus facilement et rapidement une éventuelle conduite à risque.

Qu’attendez-vous concrètement ?

Meilleure sera la connaissance de ce problème, plus nous serons efficaces. Lorsque nous sommes confrontés à une situation délicate, quelles sont les conduites à tenir ? Qui solliciter ? Quelle démarche engager avec nos partenaires, que ce soit une structure comme la Clinique de l’adolescent ou une association comme Spiritek, qui s’occupe des problèmes de drogue. Il peut arriver, que ce soit les élèves qui signalent le mal-être d’un de leurs camarades. Mais c’est rare. Or, souvent, l’adolescent en souffrance envoie des signaux, il faut savoir les capter, les déceler.

Ça peut résoudre les problèmes de violences scolaires…

Heureusement, la grande majorité des élèves va bien. Les enfants qui connaissent des problèmes ne sont pas forcément des perturbateurs à l’école. Au contraire, leur malaise peut être totalement invisible. Mais tous les élèves perturbateurs sont, en effet, des jeunes perturbés. Personne ne choisit d’être en souffrance.