VIDEO. «Tout ce qui peut m’empêcher de dormir m’intéresse», assure Vincent Cassel, alias Vidocq

INTERVIEW Le comédien Vincent Cassel était à Arras, samedi, pour présenter, en avant-première spéciale, le film L’Empereur de Paris où il incarne François Vidocq, l’enfant terrible d’Arras…

Gilles Durand

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Vincent Cassel, qui joue le rôle de Vidocq dans «L'Empereur de Paris», qui sort le 19 décembre 2018.
Vincent Cassel, qui joue le rôle de Vidocq dans «L'Empereur de Paris», qui sort le 19 décembre 2018. — Jean-Marc Haedrich/SIPA
  • Le film L’Empereur de Paris a été présenté en avant-première spéciale, lors du Festival du film européen d’Arras.
  • L’acteur Vincent Cassel campe le personnage de François Vidocq, né à Arras en 1775, escroc devenu le premier flic de France.
  • Selon Vincent Cassel, le film est basé sur l’histoire réelle de Vidocq.

 

Jusqu’à la fin de l’année, Vidocq, ce sera lui. Avant que la promotion nationale du film L’Empereur de Paris ne déferle sur les médias, 20 Minutes a pu rencontrer l’acteur Vincent Cassel qui interprète François Vidocq. L’équipe du film présentait pour la première fois cette superproduction, en avant-première, à l’occasion du Festival du film européen d'Arras, où l’escroc qui deviendra le premier flic de France est né en 1775.

Comment est né ce projet de film sur François Vidocq ?

Deux productions ont contacté simultanément le duo que nous formons Jean-François Richet, le réalisateur, et moi-même. Elles avaient toutes les deux un projet sur Vidocq. On s’est parlés et on est partis sur le scénario le plus abouti.

Quelle est la part de fiction et de biographie ?

On s’est basé sur l’histoire réelle de Vidocq. Il y a plusieurs livres où il raconte qui il est. Il existe beaucoup d’informations pour pouvoir suivre son mode de fonctionnement. Après, forcément, on arrondit les angles, on fait des petites compressions dans le temps pour entrer dans le scénario. C’est de la dramaturgie.

Quelle est votre scène préférée ?

C’est celle du « mouchard », même si le terme « mouchard » est péjoratif. Il descend dans les geôles au milieu des prisonniers pour leur dire qu’il n’est pas de leur monde. Dans cette scène, il y a quelque chose qui cristallise toute la détresse et le courage de cet homme. Il va se confronter à son passé, à sa famille, à lui-même. Quand je l’ai joué, c’est marrant mais j’ai eu l’impression de toucher quelque chose en tant qu’acteur, quelque chose que je n’avais pas ressenti avant.

C’est une scène clé du film pour comprendre la psychologie du personnage…

Dans chaque film, il y a des choses qu’on sait faire. Et il y a toujours un truc où on a l’impression que, tiens, j’ai peut-être ouvert une porte pour mes futurs films. Là, quelque chose s’est passé, quelque chose qui m’a rempli. Je me rappelle que le producteur voulait peut-être une autre prise. On s’est regardé avec Jean-François Richet et on s’est dit : Non, c’est la bonne !

Pourtant, dans la vraie vie, Vidocq est considéré comme un « mouchard »…

Lui ne se considère pas comme un mec de la pègre. C’est la famille qu’on lui a collée. Il refuse cette étiquette qu’on lui met sur le dos. C’est en ça que je trouve le personnage passionnant. C’est un mec qui est accusé quasiment à tort : sa première condamnation, c’est pour une histoire de gonzesse. C’est quelqu’un qui venait d’un milieu populaire, condamné par des gens plus riches que lui.

Voua auriez pu en faire un personnage plus ambigu…

Non. C’est un mec libre, avant tout, et qui tient à sa liberté. Il est prêt à payer le prix fort pour rester libre.

Vous avez joué Jacques Mesrine, ennemi public n°1, cette fois, c’est le flic n°1 de France. Est-ce que vous faites un lien entre les deux rôles ?

Tous deux ne sont pas si loin l’un de l’autre. Ils sont dans cette frange un peu sombre de la société. Ce sont des gens qui n’arrivent jamais à vraiment trouver leur place, qui s’inventent eux-mêmes, d’une certaine manière. Moi, parfois, je me plantais. Quand je voulais parler de Vidocq, je disais Mesrine.

Aviez-vous vu la série télé et le film de Pitof ?

J’ai vu les deux, mais ça ne nous a pas servi de référence. A partir du moment où on s’empare d’un projet, on le fait nôtre. J’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Avec Jean-François Richet, on en est à notre quatrième collaboration, si on compte les deux Mesrine. On ne s’est jamais engueulé. On a une fluidité et une confiance mutuelle qui fait que ça roule bien sur un plateau.

Vous rêvez de jouer un autre personnage historique ?

Je ne pense jamais comme ça. On ne m’aurait pas proposé Vidocq, je n’aurais jamais pensé l’interpréter. Je ne rêve pas perso. Je rêve d’aventures qui me surprennent. Tout ce qui peut m’empêcher de dormir m’intéresse. Mais je ne suis pas en train de me dire : un jour, j’aimerais jouer D’Artagnan, par exemple.

C’est un gros budget ?

C’est le plus gros budget du cinéma français depuis quelques années : 25 millions d’euros. C’est un gros pari. Et ce n’est pas une comédie.