A la centrale de Gravelines, on turbine

Thierry Butzbach

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La centrale nucléaire de Gravelines
La centrale nucléaire de Gravelines — C. DHALLUIN / 20 MINUTES

Confusions en chaîne autour des horaires à rallonge à la centrale nucléaire de Gravelines. Selon nos informations, jeudi prochain, son directeur Éric Jouen est convoqué devant le tribunal de police de Dunkerque pour dépassement de la durée légale du travail. Il risque des contraventions de 4e classe pour environ 30 000 € d’amendes.

Au printemps 2007, une inspection de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de Douai avait dressé quarante-cinq procès-verbaux pour
infraction au Code du travail.

«Cette procédure vise surtout à faire réagir EDF, pour que des mesures soient prises», souligne Jessie Fourche, inspecteur des installations nucléaires, à l’origine de ces contrôles réalisés dans plusieurs services.

Ces infractions ne remettent pas en cause la sécurité du site. Mais elles soulignent la difficulté de la plus grande centrale européenne enterme d’emplois. «EDF a un impératif de sûreté qui oblige certains salariés à rester en poste tant qu’ils ne sont pas remplacés», explique un employé.

Difficile à gérer à l’échelle d’un site fonctionnant 24 h/24, où travaillent 1 700 agents et des centaines de prestataires. En 2006, un cadre affecté à la préparation d’arrêt de tranche aurait ainsi fait un malaise après 42 heures passées consécutivement à son poste… Pointant du doigt un sous-effectif chronique, la CGT estime que «la sécurité prime, mais ce serait plus facile avec des moyens humains à la hauteur». EDF promet que ces problèmes de durée du travail seront bientôt réglés. En attendant, on fait toujours du rab à la centrale.

Sécurité: les facteurs organisationnels et humains sont à l’origine de la plupart des incidents survenant à la centrale. Au cours du premier trimestre 2008, l’ASN en a référencé 5, contre 62 en 2007.