Municipales à Lille: L’ex frontiste Eric Dillies se voit bien y aller sans étiquette

POLITIQUE Viré du RN (ex-FN) et rallié à Nicolas Dupont-Aignan, Eric Dillies se tâte entre Européennes avec Debout la France et Municipales en tête d’une liste d’union…

Mikaël Libert

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Ancien enseignant en lycée, Eric Dillies est passionné d'économie.
Ancien enseignant en lycée, Eric Dillies est passionné d'économie. — M.Libert/20 Minutes
  • Eric Dillies, ex-FN, se rallie à Debout la France pour les Européennes de 2019.
  • Il pourrait être sur la liste de Dupont-Aignan si ce dernier le lui demande.
  • Mais il pourrait aussi se présenter sans étiquette pour les municipales de 2020 à Lille.

Jamais deux sans trois. A deux ans de l’élection municipale à Lille, l’ex-frontiste Eric Dillies, désormais sans étiquette officielle, ne cache plus son ambition de briguer une troisième fois le poste de Martine Aubry. A moins que… Rallié à Nicolas Dupont-Aignan depuis lundi pour les Européennes de 2019, il « serait honoré » que le boss de Debout la France lui propose une place sur sa liste.

Fin septembre, Eric Dillies claquait la porte du groupe Rassemblement national (RN, ex-FN) au conseil régional des Hauts-de-France : « Je n’étais pas d’accord avec la façon dont était géré le groupe, toujours en opposition systématique », explique-t-il. Il n’avait pas non plus caché ses doutes sur « la stratégie nationale du parti » et de sa présidente, Marine Le Pen. Il avait même essayé de prendre la tête du RN, en vain. « Le mode de fonctionnement est dépassé. Ils se soucient davantage de l’appareil que des électeurs », maugrée-t-il.

« Viré » du Front, il rejoint Dupont-Aignan

Son avenir au sein de l’ex-Front était, dès lors, compromis, « mais je n’ai jamais eu l’intention de démissionner », assure Eric Dillies. Il n’aura pas eu besoin de le faire, puisqu’il en a tout bonnement été « viré », vendredi. Libre, il a décidé de répondre à l’appel du pied de Nicolas Dupont-Aignan : « Je suis rallié à sa candidature pour les Européennes, mais je n’ai pas fait ça pour qu’il me mette sur sa liste », déclare-t-il. Pour autant, si le chantre du souverainisme lui propose, il ne dira pas non.

Et si Dupont-Aignan le laisse de côté, il reste à Eric Dillies une autre carte à jouer : les municipales de 2020 à Lille. Sauf que cette fois, il espère bien ne plus être le paria qu’il était quand il portait le costard de frontiste : « A l’époque, j’avais proposé une alliance à Jean-René Lecerf (ex-LR) qui a refusé », déplore-t-il. Il mise donc sur « candidature sans étiquette avec une liste d’ouverture ». Avec qui ? La réponse est un peu vague : « Depuis le temps, je me suis fait pas mal de contacts ». Bon.

Et en termes de programme ? Eric Dillies promet « de ne pas faire débarquer les chars allemands à Lille ». C’est déjà ça. Dans les grandes lignes, il compte opposer à Martine Aubry les mêmes arguments que certains autres postulants : sécurité, propreté, plan de circulation, projet de Saint Sauveur.