Nord: Les boutiques de cannabis thérapeutique ferment leurs portes, les unes après les autres

COMMERCE Les enseignes qui vendaient du cannabidiol (CBD), un dérivé du cannabis, sont contraintes de mettre la clé sous la porte face aux dangers juridiques de ce commerce…

G.D.

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Illustration de dérivés du cannabis thérapeutique.
Illustration de dérivés du cannabis thérapeutique. — Gilles Durand / 20 Minutes

Aussitôt ouvertes, aussitôt fermées. Les boutiques nordistes, qui vendaient du cannabis thérapeutique, mettent la clé sous la porte les unes après les autres, rapporte La Voix du Nord.

L’enseigne « Bestown Shop », qui avait lancé la vague, en mai, à Annœullin et à Béthune, a cessé toute activité, deux mois plus tard, en juillet. Imité par Kanaleg à Calais et Best CBD à Douai. La boutique « 1001 vertus », ouverte fin juin à Douai, a également baissé le rideau. Celle de Cambrai pourrait subir le même sort, début 2019.

Engouement pour le cannabidiol

C’est la fin des échoppes qui avaient misé sur l’engouement pour le cannabidiol, un dérivé sans substance psychoactive du cannabis. Profitant de la zone de flou juridique, il y avait de l’argent à gagner, mais l’affaire est devenu trop risquée pour les gérants.

« Ce qui m’a poussé à fermer ? Clairement c’est un courrier du ministère de la Justice aux procureurs pour qu’ils assurent des poursuites, notamment pour exercice illégal du métier de pharmacien », indique, au quotidien régional, l’un des cogérants de Kanaleg.

Ainsi, la circulaire datant du 28 juillet demande aux procureurs d'« apporter une réponse pénale ferme et adaptée à la hauteur des enjeux ». Dans les faits, le magasin Greenbeux, à Lille, a fait l’objet d’une perquisition, le 31 juillet. Son gérant a même été placé en garde à vue.

« On sent une petite pression »

Qui plus est, une note de la mission de lutte contre les drogues a précisé, mi-juin, que le commerce de toutes fleurs de cannabis était prohibé en France. Or, c’est cette fleur qui procurait le plus grand bénéfice, surtout pour les vendeurs.

Certains font quand même de la résistance, comme le gérant de boutiques à Dunkerque et Saint-Omer. « On sent une petite pression en ce moment, on a été visités. Mais j’ai pris un avocat spécialiste de ces questions », indique le gérant, Mickael Tabeling. Ce dernier considère que son commerce est légal. Il prévoit même d’ouvrir des franchises à Bergues, Hazebrouck ou Béthune.