VIDEO. «Menaces en mers du Nord»: Les bombes des deux guerres mondiales restent un danger pour l'humanité

TELEVISION Un documentaire, diffusé sur France 3, démontre les risques qui pèsent encore sur la gestion désastreuse de l’arsenal militaire après les deux guerres mondiales …

Gilles Durand

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Un tapis d'obus déversés dans la mer après la guerre. Extrait du documentaire «Menaces en mers du Nord», diffusé sur France 3.
Un tapis d'obus déversés dans la mer après la guerre. Extrait du documentaire «Menaces en mers du Nord», diffusé sur France 3. — Real Productions / France 3 Hauts-de-France
  • France 3 diffuse un documentaire inquiétant qui évoque les Menaces en mers du Nord.
  • A l’issue des deux guerres mondiales, des armes, notamment chimiques, ont été immergées, sans penser aux conséquences à long terme.
  • Les autorités françaises refusent toujours d’ouvrir leurs archives concernant le déversement de ces bombes dans la mer, notamment dans le nord de la France.

C’est le genre de documentaire qui provoque des frissons dans le dos. Cent ans après la Première Guerre mondiale, l’arsenal militaire continue de menacer l’Europe, même enfoui sous les eaux de la mer. Avec Menaces en mers du Nord, diffusé sur France 3*, lundi 8 octobre, après le Soir 3 (vers 00h30), le réalisateur Jacques Lœuille nous alerte sur les risques d’une catastrophe écologique, une « bombe à retardement » dont le secret reste bien gardé en France.

Coproduit par France 3 Hauts-de-France, le film de 52 minutes retrace l’histoire de ces millions de tonnes d’armes chimiques et conventionnelles déversées, après les deux guerres mondiales, parfois à quelques kilomètres du rivage, notamment celui du nord de la France et de la Belgique.

Zones interdites au large de Gravelines

Près de la plage flamande de Knokke, certaines munitions et explosifs se trouvent même à moins d’un mètre de profondeur. Et aujourd’hui, les autorités n’ont aucune idée de l’état de corrosion de ces armes, la dernière inspection datant de 1972.

Au large de Gravelines, près de Dunkerque, se trouve une soixantaine de zones interdites dues à ces déversements. Le documentaire raconte aussi que la France a procédé à des opérations d’immersion jusqu’à la fin du XXe siècle, malgré les interdictions internationales.

Explosions volontaires dans la baie de Somme

D’autres opérations consistaient à faire exploser ces bombes découvertes au fil du temps dans la baie de Somme. « Il n’y a aucune différence avec les immersions en mer. En les dispersant sur la plage, la marée finira par les remettre dans l’eau », souligne Terrance P. Long, démineur de l’Otan, interrogé dans le documentaire.

Par ailleurs, à Vimy, dans le Pas-de-Calais, des munitions ont été entreposées pendant très longtemps « au mépris de la sécurité » et dans une culture du secret. Pire, les autorités françaises refusent toujours d’ouvrir leurs archives sur le sujet, sous prétexte du classement « Secret défense ».

« La question des armes chimiques de 14-18 ne met pas en péril la défense nationale française, dénonce le député de la Marne, Charles de Courson, La crainte d’une responsabilité de l’état sur d’éventuels dommages en matière d’environnement est réelle, mais elle ne relève pas du secret-défense ».

*France 3 Hauts-de-France, Bretagne et Normandie.