VIDEO. Redoine Faïd: Vendin-le-Vieil, «l'établissement qui convient le mieux»,mais qu'il faut adapter, selon deux syndicats de surveillants

PRISON Deux syndicats de surveillants pénitentiaires évoquent l’arrivée de Redoine Faïd dans la prison haute sécurité de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais…

Gilles Durand

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Illustration de la prison de Vendin-Le-Vieil
Illustration de la prison de Vendin-Le-Vieil — Michel Spingler/AP/SIPA
  • Le roi de l’évasion, Redoine Faïd, a été incarcéré dans la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais.
  • Redoine Faïd a été placé en quartier d’isolement.
  • Deux syndicats de surveillants estiment qu’il va falloir adapter les effectifs à la présence d’un tel détenu.

« Il n’est pas arrivé en pleine forme », confie un surveillant de prison à 20 Minutes. Redoine Faïd a intégré, dans la nuit de mercredi à ce jeudi, le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Il était environ minuit trente lorsque le spécialiste de l’évasion a été placé en quartier d’isolement.

Redoine Faïd a été arrêté, mercredi matin, à Creil, après trois mois de cavale et sa spectaculaire évasion de la prison de Réau en hélicoptère. L’homme s’était déjà fait la belle de la maison d’arrêt de Sequedin avec l’aide d’explosifs, en 2013. C’est dire si l’arrivée d’un tel individu focalise l’attention des gardiens.

« Il faut que les effectifs suivent »

« C’est l’établissement sécuritaire qui convient le mieux pour le surveiller. Il a été créé pour ça, estime Nicolas Bihan, secrétaire national adjoint du syndicat SPS. Mais il faut que les effectifs suivent. » Grégory Strzempek, délégué syndical UFAP-UNSA à Vendin-le-Vieil, considère également que la présence d’un « détenu exceptionnel nécessite des mesures exceptionnelles ».

Selon lui, les conditions de sécurité semblent réunies, et ce « malgré quelques couacs encore à régler ». Le mouvement de protestation de janvier 2018, à la suite de l’agression de surveillants par un détenu, « a porté ses fruits », assure Grégory Strzempek. « Les effectifs ont augmenté, le domaine a été sécurisé, nous avons obtenu des tenues d’intervention, une trappe de sécurité pour le menottage et des formations pour le personnel. Ça va dans le bon sens. »

« Comment gérer ce genre de détenu ? »

Ces mesures seront-elles suffisantes pour empêcher une nouvelle évasion ? Nicolas Bihan exprime ses craintes : « Comment gérer ce genre de détenu ? Il est considéré comme un caïd. Il ne va pas tarder à avoir des complices qui vont jouer les mules et tenter de faire entrer des portables, par exemple. »

D’après lui, le système de fouilles n’est pas toujours suffisant. « Il existe un scanner volumétrique capable de tout détecter dans les parloirs, mais les détenus ont le droit de refuser de s’y soumettre et de préférer être fouillé », précise le secrétaire du SPS.

Il est possible aussi, selon Grégory Strzempek, que Redoine Faïd reste à l’isolement un bout de temps pour éviter toute mauvaise surprise : « On a déjà eu un précédent avec Antonio Ferrara qui y est resté quatre ans. »