Lille: L’asso L214 fait passer le steak végane pour du poulet, dans un test à l’aveugle

ALIMENTATION L’association, qui milite contre la souffrance animale, a organisé à Lille une dégustation de produits véganes, en les faisant passer pour du poulet…

Gilles Durand

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Dégustation à l'aveugle d'un produit végane baptisé Chicy Boom, en le faisant passer pour du poulet.
Dégustation à l'aveugle d'un produit végane baptisé Chicy Boom, en le faisant passer pour du poulet. — G. Durand / 20 Minutes
  • L’association L214 va organiser un test à l’aveugle de produits véganes dans dix villes françaises.
  • La première expérience a eu lieu à Lille pour tenter de démontrer que des produits végétaliens avaient le même goût que le poulet.
  • L’objectif de cette expérience est de sensibiliser le grand public à la souffrance animale dans l’élevage industriel.

« Tant qu’à manger des produits qui n’ont pas de goût, autant ne pas faire souffrir d’animaux. » Gilles fait partie des testeurs de la dégustation à l’aveugle organisée à Lille*, ce mardi, par l’association L214. Il s’agissait de faire goûter des produits végétaliens, en faisant croire qu’ils contenaient du poulet et un ingrédient secret, que le goûteur devait découvrir.

« Nous avons choisi le poulet car c’est l’animal que l’on consomme le plus au monde. En France, 800 millions de poulets sont exploités pour leur viande et la grande majorité provient d’élevage industriel », explique Isabelle Crépiat, chargé de la campagne pour L214.

« L’ingrédient mystère, c’était l’absence de souffrance »

L’objectif de cette fausse campagne de marketing reste le même pour cette asso : sensibiliser le grand public à la souffrance animale de l’élevage intensif. Après le test gustatif, une vidéo en 3D des conditions de vie et d’abattage des poulets était, par ailleurs, présentée aux goûteurs pour leur expliquer que « l’ingrédient mystère, c’était l’absence de souffrance ».

Un coup de bluff qui a plutôt bien fonctionné pour Alexandre, 31 ans. « Je suis quelqu’un qui aime bien la viande et je n’ai pas retrouvé la texture du poulet dans les nuggets que j’ai goûtés, note-t-il. Mais les images d’abattoir me touchent. Je sais qu’on mange trop de viande et que ce n’est pas bon pour la santé. »

« Je préfère une bonne entrecôte »

Nicole partage le même avis : « Je mange de moins en moins de viande, mais j’ai du mal à ne plus en manger du tout. J’ai peur des problèmes de dénutrition. » Gvantsa, de son côté, est moins convaincue : « On me dit que c’est du poulet, mais je ne trouve pas le goût du poulet. Ni aucun autre goût, d’ailleurs. »

Certains trouvent ça bon et adhérent totalement au message, au point de signer une pétition contre les abattoirs. D’autres, comme Martine, n’ont pas changé d’avis, malgré la démonstration. « Je ne suis pas cliente de ce genre de nourriture qui a un goût quelconque. Je préfère une bonne entrecôte », avoue-t-elle.

Question de générations et d’habitude alimentaire, peut-être ? Dans les cantines scolaires lilloises, les enfants sont passés à deux repas végétariens par semaine, en juin. Sans que ça ne pose de problème.

*L214 oragnise le même test dans dix villes jusqu'au 13 octobre.