Le rectorat reste sourd au picard

Olivier Aballain - ©2008 20 minutes

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Paradoxe : le ch'ti sera peut-être le seul à ne pas profiter du succès de Bienvenue chez les Ch'tis. L'introduction du picard en option au baccalauréat est pourtant revenue sur le devant de la scène à la faveur du succès du film de Dany Boon. Mais au rectorat de Lille comme au ministère à Paris, la réponse est claire : « Ce n'est pas au programme. »

Et pourtant, l'attente est réelle chez les défenseurs de cette langue : « Cela fait une vingtaine d'années que l'on se bagarre, j'espère que le film va nous donner un coup de main », témoigne Guy Dubois, fondateur de la maison du Patois, à Haisnes-lez-La-Bassée. Au ministère de l'Education nationale, on estime que « le picard est un patois, et non une langue ». « Comme le gallo, enseigné en Bretagne », rétorque Jean-Claude Lambin, président de l'association Toudis Simons, à Wattignies. Lequel donne d'ailleurs des cours en primaire : « Cela intéresse quelques enseignants, mais peu sont formés. »

Et pour cause : le picard a disparu du programme de formation des maîtres à l'IUFM. Et au lycée, « difficile d'enseigner une langue qui se parle, mais ne s'écrit pas », explique le rectorat. « C'est faux, s'étonne Jacques Landrecies, enseignant-chercheur à l'université de Lille-III. J'ai même organisé des examens dans cette matière. »