Une grosse envie de licencier

Vincent Vantighem - ©2008 20 minutes

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« On lui a demandé s'il avait une maladie de la prostate. Si ça avait été le cas, on aurait pu l'excuser. » Mais non. Du coup, le constructeur automobile Sevelnord, basé à Lieu-Saint-Amand, a licencié, il y a dix jours, un ouvrier de 52 ans coupable d'avoir uriné sur le parking de l'usine. Chaque jour, Sevelnord sort 740 voitures de sa ligne de production. Le boulot de cet ouvrier, c'était justement de les ranger sur le parking qui borde l'usine. « Un parking immense où il n'y a pas de sanitaire », décrit Ludovic Bouvier, secrétaire général de la CGT chez Sevelnord. Et au mois d'avril, cet ouvrier qui comptait dix années d'ancienneté sans le moindre problème, a été pris d'une envie pressante. « Il a pissé entre deux voitures », poursuit prosaïquement Ludovic Bouvier. « Sur la portière et la roue d'une voiture », estime la direction. Un cadre qui passait par là a rédigé « un rapport d'incident ». L'ouvrier a été convoqué et licencié pour ne pas avoir respecté le « produit » de l'entreprise. « Il aurait pu aller se soulager dans la campagne, juste derrière le parking », justifie la direction. Interrogée, cette dernière précise tout de même que le parking mesure 100 ha. L'ouvrier a décidé de saisir les prud'hommes pour licenciement abusif.