Lille: Le projet de nouveau quartier Saint-Sauveur est-il d'«intérêt général» ?

JUSTICE Deux associations contestent, devant le tribunal administratif, l’argument de l’intérêt général à propos du projet d’aménagement de Saint-Sauveur, à Lille…

Gilles Durand

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La friche saint-Sauveur, à Lille, en août 2018.
La friche saint-Sauveur, à Lille, en août 2018. — G. Durand / 20 Minutes
  • Deux associations ont engagé une procédure au tribunal administratif pour contester l’intérêt général du projet d’aménagement de la friche Saint-Sauveur, à Lille.
  • Lors de l’audience, l’avocate des associations a évoqué les réserves de l’enquête publique sur risques de pollution atmosphérique et des nappes phréatiques…
  • Selon l’avocat, qui défend le projet d’aménagement de Saint-Sauveur, « il y a urgence à ce que l’opération d’urbanisme se fasse ».

Elles contestent l’intérêt général du projet. Deux associations écologistes ont saisi le tribunal administratif (TA) de Lille en référé suspension concernant l’aménagement urbain de la friche Saint-Sauveur à Lille. Ce projet, qui doit créer 2.700 logements ainsi que des espaces publics et naturels sur une friche industrielle, semble encore loin de faire l’unanimité.

L’action judiciaire des deux associations lilloises porte sur la modification du plan local d’urbanisme votée le 15 juin par le conseil de la Métropole de Lille (MEL). Un acte administratif essentiel pour engager ensuite l’autorisation des permis de construire. D’où cette demande de suspension en urgence défendue, ce mardi, en audience au TA.

Trois réserves dans l’enquête publique

A l’issue de l’enquête publique qui a eu lieu en avril, le commissaire enquêteur avait émis trois réserves sur le projet : l’impact sur la pollution atmosphérique, les risques de pollution de la nappe phréatique et l’autorisation de l’Agence régionale de santé (ARS).

« Aucune de ces trois réserves n’a été levée », affirme l’avocate des associations, Me Muriel Ruef qui souligne « l’insuffisance de l’étude d’impact sur l’environnement et des mesures compensatoires pour la biodiversité, la faune et la flore ».

Selon l’avocate, « la densification des villes n’est pas forcément une bonne chose quand la qualité de l’air est en jeu », estimant ainsi que « l’intérêt général n’est pas caractérisé ».

Une « verrue urbaine »

Dans l’autre camp, celui de la MEL, l’avocat, Me Thibault Soleilhac, évoque, de son côté, une « verrue urbaine » pour désigner la friche Saint-Sauveur. « Il y a, au contraire, urgence à ce que l’opération d’urbanisme se fasse », rétorque-t-il.

Selon lui, les réserves du commissaire-enquêteur ne concernent que les effets de l’opération et ne peuvent être évoquées au préalable. « L’étude d’impact va évoluer au fur et à mesure de l’avancée du projet », argumente-t-il.

Un dossier sans le projet de piscine

Concernant la pollution atmosphérique, « il est impossible de faire une étude à l’échelle trop petite du secteur concerné ». A propos de la pollution de la nappe phréatique, « elle ne pourra être vérifiée qu’au moment des travaux ». Enfin, l’avocat assure qu’une demande d’autorisation a été formulée à l’ARS, « sans réponse de sa part ».

Contacté à ce sujet par 20 Minutes, l'ARS répond que le dossier ne comportait pas le projet de construction de piscine.

La décision du tribunal sera rendue prochainement. Dans une semaine au plus tard.