Hauts-de-France: La tension monte dans le Nord entre les bouchers et les militants «vegan»

LUTTE L'annulation d'un festival vegan prévu le 8 septembre à Calais est la conséquence de tensions qui durent depuis plusieurs mois...

Francois Launay

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La boucherie l'Esquermoise, à Lille, a été vandalisée.
La boucherie l'Esquermoise, à Lille, a été vandalisée. — M.Libert / 20 Minutes
  • La ville de Calais a annulé un festival vegan par crainte de troubles.
  • La tension est forte dans les Hauts-de-France entre bouchers et vegans depuis le bris de plusieurs vitrines par des militants anti-specisme.

Rarement une lutte entre viandards et vegans n’aura atteint un tel paroxysme. Si dans les autres régions françaises, chacun respecte plutôt le pré carré de l’autre, dans les Hauts-de-France, la tension est maximale entre les tenants de deux lignes opposées sur l’alimentation et plus largement sur le mode de vie.

Car dans le Nord, vegan et bouchers se détestent. Au point que la mairie de Calais vient d'annuler un festival vegan, prévu le 8 septembre, pour raisons de sécurité.

Après avoir vu plusieurs de leurs vitrines vandalisées ces derniers mois par des militants anti-specisme, des artisans des Hauts-de-France avaient en effet prévu de venir manifester pacifiquement devant la salle où devait se dérouler le festival.

« On ne courbera pas l’échine dans notre région »

« On avait prévu de venir faire un grand barbecue à l’extérieur. Clairement, on ne courbera pas l’échine dans notre région. Il faut aller au contact. Quand ils nous attaquent, il faut aller leur parler, les rencontrer et dire aux gens ce qu’ils font la nuit », se défend Laurent Rigaud, président du syndicat des bouchers-charcutiers du Nord.

Ulcérés par le bris de plusieurs vitrines de bouchers, fromagers et poissonniers depuis le début d’année dans la région et plus particulièrement à Lille, les commerçants nordistes ont même demandé la protection du ministre de l'Etat en juillet dernier. « On l’a dit dès le départ aux élus. On ne pouvait pas les laisser venir parler des légumes la journée et valider que c’est bien de venir la nuit en cagoule pour fracasser nos vitrines », poursuit le boucher.

« On ne voulait pas narguer les gens »

Pour se faire entendre, la centaine de professionnels qui avaient prévu de se déplacer, n’auront pas besoin de se rendre à Calais. Pour éviter l’affrontement, la mairie a donc préféré annuler l’événement au grand dam des organisateurs.

« Les menaces ont dû être assez violentes pour penser qu’il y avait un vrai danger pour les visiteurs. On a fait un événement similaire à Nanterre en juin et on n’a eu aucun problème. On n’est pas de la région mais on a voulu faire quelque chose dans le Nord : mauvaise idée. On ne voulait pas narguer les gens, on voulait juste faire des stands d’informations avec des artisans », regrette Arielle, membre de l’association Farplace et organisatrice du festival calaisien.

« Le vegan de base n’est pas violent »

Stupéfaite par cette annulation, l’association ne cautionne pas pour autant les bris de vitrines commis par les anti-spécisme. « On est totalement non-violent. Le vegan de base n’est pas violent. On refuse la violence sur les animaux alors pourquoi on la voudrait sur les autres êtres vivants ? Ça ne tient pas debout et ça n’arrêtera pas les bouchers de travailler. C’est contre-productif. On peut vivre l’un à côté de l’autre sans se taper dessus », poursuit Armelle.

Vitrines cassées d’un côté, festival annulé de l’autre. Dans les Hauts de France, entre vegan et bouchers c’est œil pour œil et dent pour dent, comme le revendique le boucher, Laurent Rigaud : « Les Hauts de France ne seront pas le terrain de jeu des extrémistes. On ne se laissera pas faire. Le pire serait qu’il y ait une nouvelle vitrine cassée dans les jours qui viennent. Là, on ne laissera plus rien passer. »

Mais avant d’en arriver à cette extrémité, le dialogue devrait être renoué cette semaine entre bouchers et associations vegan qui ont prévu de se rencontrer. Histoire de faire baisser la tension dans ce conflit qui est déjà allé trop loin.

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