Lille: Les moules au cœur du débat de la prochaine grande braderie

COMMERCE En demandant le retour des tas de moules et surtout la baisse du prix des moules frites pendant la braderie, la mairie de Lille provoque l’incompréhension des restaurateurs…

Gilles Durand

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A Lille, le 4 septembre 2016 - Le traditionnel tas de moules a té dressé sur la place Rihour pour la non-braderie.
A Lille, le 4 septembre 2016 - Le traditionnel tas de moules a té dressé sur la place Rihour pour la non-braderie. — Gilles Durand / 20 Minutes
  • Pour la braderie 2018, la mairie de Lille demande le retour des tas de coquilles de moules devant les restaurants et la baisse du prix des moules frites.
  • Le patron lillois des hôteliers restaurateurs estime que le prix dépend de « la loi de l’offre et de la demande ».
  • Les coquilles de moules seront récupérées par une entreprise pour être recyclées en dalles de carrelage.

Bataille autour d’un tas de moules. La braderie de Lille, qui se tiendra les 1er et 2 septembre, provoque déjà une mini-polémique entre restaurateurs et la maire (PS), Martine Aubry.

D’un côté, la mairie plaide pour le retour des tas de coquilles de moules devant les enseignes des restaurateurs et pour « la modération des tarifs appliqués aux moules frites ». De l’autre, le président de l’Union des métiers des industries de l’hôtellerie (Umih) du Nord, Gérard Depoorter, explique à 20 Minutes que ce n’est « pas si simple ».

Préoccupations sanitaires

Naguère, une bonne braderie se mesurait au nombre de tas de moules qui se dressaient dans les rues. Mais les préoccupations sanitaires ont mis fin à cette tradition patrimoniale. D’autant que, l’ivresse aidant, certains défis consistaient à se jeter sur ces tas de moules, avec les risques de blessure inhérents.

« Eriger un tas de moules devant son établissement n’a jamais été interdit par la mairie, contrairement à ce qu’on entend ici et là, précise Gérard Depoorter. Les restaurateurs devaient simplement se soumettre à des règles d’hygiène. La plupart ont trouvé ça trop compliqué à mettre en place et ont abandonné cette pratique. »

A tel point que le patron des hôteliers et restaurateurs se souvient d’une anecdote cocasse : « Un restaurateur racontait, en blaguant, sur les réseaux sociaux, que la mairie l’avait obligé à nettoyer les coquilles avant de les entasser sur les trottoirs. »

Opération de recyclage des coquilles

Alors, les tas de moules vont-ils renaître un peu partout lors de la braderie 2018 ? « Après le 21 août, je vais informer nos adhérents des mesures concernant la braderie, explique le patron des hôteliers lillois. Je vais en profiter pour inciter les commerçants à reprendre cette tradition. » Les règles restent les mêmes : Il faut délimiter le périmètre par des barrières et ne pas empiéter sur le voisinage.

Concernant le problème d’évacuation des coquilles, la ville va organiser, pour la première fois, une collecte pour les recycler en dalles de carrelage, en partenariat avec la société EtNISI.

« C’est la loi de l’offre et de la demande »

Par ailleurs, si le retour des tas de moules semble ne pas faire débat, le consensus est absent à propos du prix des fameuses moules frites, plat traditionnel de la braderie lilloise. « J’ai proposé à la maire de Lille, Mme Aubry, de venir avec moi une journée pour aller dire aux restaurateurs que les moules frites étaient trop chères et qu’il fallait baisser les prix », ironise Gérard Depoorter.

Selon lui, la braderie est simplement victime de son succès. « C’est la loi de l’offre et de la demande, note le président de l’Umih. Les restaurateurs sont libres de fixer les prix qu’ils veulent. Va-t-on demander au stade Pierre-Mauroy ou aux salles de cinéma de baisser le prix des places sous prétexte d’un événement particulier ? »