Le rectorat reste sourd au picard

EDUCATION L'option au bac, c'est pas pour maintenant...

Olivier Aballain

— 

Malgré le succès du parler ch’ti, notamment au cinéma, l’Education nationale refuse d’introduire la langue picarde au bac.
Malgré le succès du parler ch’ti, notamment au cinéma, l’Education nationale refuse d’introduire la langue picarde au bac. — P. SAURA / SIPA

Paradoxe: le ch'ti sera peut-être le seul à ne pas profiter du succès de «Bienvenue chez les Ch'tis». L'introduction du picard en option au baccalauréat est pourtant revenue sur le devant de la scène à la faveur du succès du film de Dany Boon. Mais au rectorat de Lille comme au ministère à Paris, la réponse est claire : «Ce n'est pas au programme.»

Et pourtant, l'attente est réelle chez les défenseurs de cette langue: «Cela fait une vingtaine d'années que l'on se bagarre, j'espère que le film va nous donner un coup de main», témoigne Guy Dubois, fondateur de la maison du Patois, à Haisnes-lez-La-Bassée. Au ministère de l'Education nationale, on estime que «le picard est un patois, et non une langue». «Comme le gallo, enseigné en Bretagne», rétorque Jean-Claude Lambin, président de l'association Toudis Simons, à Wattignies. Lequel donne d'ailleurs des cours en primaire : «Cela intéresse quelques enseignants, mais peu sont formés.»

Et pour cause : le picard a disparu du programme de formation des maîtres à l'IUFM. Et au lycée, «difficile d'enseigner une langue qui se parle, mais ne s'écrit pas », explique le rectorat. «C'est faux, s'étonne Jacques Landrecies, enseignant-chercheur à l'université de Lille-III. J'ai même organisé des examens dans cette matière.»