Lille: Des capteurs mobiles pour traquer les particules très fines de pollution

ENVIRONNEMENT Enedis va équiper sa flotte de véhicules de capteurs pour détecter les « hot spots » de particules fines de pollution…

Mikael Libert

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Illustration de la pollution automobile.
Illustration de la pollution automobile. — Martin Meissner/AP/SIPA

Il faut connaître son ennemi pour mieux le combattre. La Métropole européenne de Lille (MEL) et Enedis ont lancé l’expérimentation de Pollutrack, un dispositif pour mesurer de manière dynamique, et en temps réel, la pollution aux particules fines. Un système qui ne vient pas concurrencer, mais plutôt enrichir la masse de données recueillies par Atmo Hauts-de-France.

En fait, Pollutrack existe depuis 2015. C’est un système développé par la start-up PlanetWatch24 à l’occasion de la COP 21 et qui a été déjà testé à Paris. L’idée est de mesurer la pollution à l’échelle d’une rue et de manière dynamique grâce à des microcapteurs installés sur des véhicules.

Une centaine de véhicules d'ici à la fin 2018

Depuis lundi, le réseau Pollutrack sera donc étendu à la MEL. Les capteurs en question seront progressivement installés, d’ici fin 2018, sur une centaine de véhicules électriques du gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, Enedis. Actuellement, 57 voitures sont déjà équipées et sillonnent les rues de la MEL pour traquer les fameuses PM 2,5.

Les PM 2,5 sont des particules en suspension très fines et donc particulièrement nocives pour la santé. Elles proviennent, notamment, des gaz d’échappement ou de l’activité industrielle : « Les ventilations des stations de métro, les terrasses de cafés avec de nombreux fumeurs, les feux tricolores sont autant de points où l’on peut mesurer de fortes concentrations de ces particules en ville, explique-t-on à la MEL. Le but est d’identifier ces sources récurrentes et d’y remédier ». Les solutions viendront avec l’usage, mais la MEL en propose certaines : « mettre des filtres à particules sur les bouches d’aération des stations de métro ou encore affiner les réglages des feux tricolores ».

«Démultiplier les points d’observation»

Pour Atmo, la référence en matière de mesure de la qualité de l’air, cette initiative est intéressante : « Cela permet de démultiplier les points d’observation et d’obtenir des mesures complémentaires à celles de nos stations fixes ». D'ailleurs, de son côté, Atmo va aussi déployer des microcapteurs mobiles, mais pas sur des voitures : «  Nous cherchons 50 volontaires dans toute la région pour porter ces capteurs sur eux, pendant quinze jours en septembre ».

Tous ces nouveaux dispositifs doivent permettre, à court terme, d’affiner davantage les mesures de polluants atmosphériques et, par conséquent, les modèles de prévisions. C’est sur ces derniers que se base la préfecture pour déclencher, ou non, des mesures de restriction de la vitesse ou la circulation différenciée avec la vignette Crit’air.

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