Nord: Que vont devenir les 230 salariés de l’usine Jean Caby de Saint-André?

SOCIAL Des pistes sont envisagées, mais rien de concret, pour la reprise d’activité de l’entreprise Jean Caby, placée en liquidation judiciaire, en juin…

Gilles Durand

— 

Fermeture de l'usine Jean Caby de Saint-André, près de Lille, le 28 juin 2018.
Fermeture de l'usine Jean Caby de Saint-André, près de Lille, le 28 juin 2018. — S. Alcalay / SIPA
  • Les 230 anciens salariés espèrent toujours qu’un repreneur va se manifester pour ouvrir l’usine de Comines.
  • La région et la Métropole européenne de Lille ont promis leur aide financière pour un nouveau projet industriel.

Ils cherchent à mobiliser le monde politique à leur cause. Jeudi, les anciens salariés du fabricant de charcuterie Jean Caby vont manifester devant l’hôtel de ville de Lille pour obtenir un rendez-vous avec la maire (PS), Martine Aubry. « Notre usine se trouvait à Saint-André, mais elle est historique dans le Nord. Ça concerne tout le monde », souligne Christophe Dangleterre, représentant (CGT) des salariés.

Depuis le 27 juin, la société Jean Caby a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce, laissant sur le carreau 230 salariés. Pourtant, ces derniers n’ont pas perdu espoir de voir débarquer un repreneur. La semaine dernière, le président (DVD) de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, annonçait l’éventualité d’un plan de reprise de cette entreprise historique, qui fut la première en France à fabriquer des saucisses cocktails.

Cent ans en 2019

La boîte devait fêter ses cent ans en 2019 avec un déménagement prévu dans une nouvelle usine, en cours de construction à Comines, à la frontière belge. « Nous espérons qu’un investisseur s’engage sur ce nouveau projet. Jusque-là, les consortiums n’ont pas été en capacité de le faire. Et il manque 12 millions pour finir l’usine », explique le délégué.

Ce dernier reconnaît néanmoins que, jusqu’à présent la situation était délicate. « Nous avons perdu 9 millions en 2017. Alors que les carnets de commandes sont pleins et que nous avons renoncé à des congés pour travailler jusqu’au bout. Mais maintenant, c’est un nouveau démarrage », assure Christophe Dangleterre.

« S’il faut fabriquer des croquettes pour chiens… »

Pour l’instant, seules quelques pistes sont envisagées, mais aucun projet concret. « Nous nous battons pour sauver nos emplois. S’il faut fabriquer des croquettes pour chiens, nous le ferons, même s’il est dommage de perdre notre savoir-faire dans le domaine de la saucisse », annonce le syndicaliste. Les premières lettres de licenciement vont partir, lundi

La Métropole européenne de Lille et la région ont, d’ores et déjà, annoncé leur volonté d’aider financièrement un éventuel repreneur. Les aides publiques (3,2 millions sur un investissement total de 16 millions) viennent de permettre la prochaine reprise d’activité, par la société Wizpaper, de l’ancien site ArjoWiggins, à Wizernes, près de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais.

>> A lire aussi : Promis au licenciement, les salariés de Jean Caby distribuent les stocks