Coupe du monde 2018: La ville belge de Tournai se prépare au choc France-Belgique

FOOTBALL Une immense fan-zone a été installée sur la place de Tournai pour accueillir les supporters venus voir le match entre la France et la Belgique…

Mikael Libert

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Fraternité entre Belges et Français à Tournai.
Fraternité entre Belges et Français à Tournai. — M.Libert / 20 Minutes

La fête des voisins, version foot. Ce mardi soir, à 20h, l’équipe de France va affronter la Belgique en demi-finale de la Coupe du monde de football. Dans la ville belge de Tournai, pile sur la frontière avec la France, la fan-zone, avec écran géant, installée dans le centre-ville, s’apprête à recevoir du monde, beaucoup de monde. Et de la bière, beaucoup de bière.

Depuis Lille, par l’autoroute, il ne faut guère plus d’un quart d’heure pour se poser sur une terrasse dans le centre du Vieux Tournai. Ici, Belges et Français se côtoient tous les jours, les uns traversant la frontière pour travailler chez les autres. Il y a les clopes moins chères, les bars un peu spéciaux, interdits en France, certes, mais pas que. On est voisins et on s’aime bien. Sauf que ce mardi soir, le match ressemble fort à un derby. Et lors des derbys, il n’y a pas d’amitié qui tienne, c’est chacun pour sa paroisse.

Une capacité de 9.000 places

A Tournai, au contraire de Mouscron, la fan-zone est accessible aux Français. Sauf que Nathalie et Colette, en charge du comptage, pensent qu’il va manquer de la place. « Ici, on peut accueillir 9.000 personnes. Et on a entendu dire que des groupes allaient venir de Roubaix et Tourcoing », expliquent-elles avec un peu d’appréhension.

Pour abreuver ces milliers de fans de foot, les 8 cafés qui organisent les buvettes dans la fan-zone ont prévu le coup : « Il y a environ 300 fûts de bière », précise un des responsables. Soit 12.000 litres. Et s’il n’y en a pas assez, tous les bars de la place sont ouverts.

Dès 17h, Eric, 52 ans, et Ludivine, 17 ans, étaient accrochés aux barrières devant l’écran géant : « C’est le seul moyen d’avoir une bonne place », assure ce fan du Standard de Liège. Pour eux, aucun doute, c’est la Belgique qui va passer : « 3 à 1 pour nous, on le mérite, on a l’équipe qu’il faut et c’est maintenant ou jamais », insiste Eric, tout en reconnaissant qu’il n’en voudrait pas aux Français en cas de défaite de son pays.

Sans rancune, quoi qu'il arrive

Devant l’entrée de la fan-zone, Papy Pascal, Belge, se marre avec Patrick et Christian, deux Français. « On vient de se rencontrer, c’est sa moto qui attire l’œil », plaisante Patrick. En effet, la bécane est décorée aux couleurs de la Belgique, le gros ours en peluche y compris : « Bien sûr que je suis pour la Belgique, lance Pascal. Mais ça ne m’empêchera pas d’aller boire une bière avec eux si on perd ce soir. »

Une fraternité que l’on retrouve jusque sur le beffroi de la Grand-place. Drapeaux belges et français y flottent au gré du vent. Bon, dans les bars, c’est tout de même le noir-jaune-rouge qui prédomine. Et les maillots bleus sont aussi rares. Normal.