Lille: Agressions, bagarres... le patron d'une boîte de nuit témoigne

SOCIETE Le responsable d’une discothèque du secteur Masséna-Solférino de Lille dénonce un climat nocturne malsain…

Gilles Durand

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Illustration du Network (Archives)
Illustration du Network (Archives) — M.LIBERT/20 MINUTES
  • Le responsable d’une boîte de nuit lilloise précise que ses vigiles ne peuvent intervenir dans la rue quand une bagarre se produit.
  • Ce patron de discothèque regrette les nombreuses altercations qui se produisent la nuit dans ce secteur déjà montré du doigt.

« Nous sommes livrés à nous-mêmes. » Le patron de la discothèque Le Network, dans le secteur Solférino-Massena de Lille, en a assez. Accusé de passivité par un riverain dans une affaire de bagarre devant son établissement, il a tenu à réagir auprès de 20 Minutes.

Nous avions évoqué la mésaventure d’un jeune homme gisant KO sur le trottoir, près du Network, après une bagarre, dimanche matin, vers 6 heures. Un riverain regrettait que les vigiles de cette boîte de nuit soient restés passifs alors que la victime, inconsciente, avait dû être transportée à l’hôpital.

« Pas un client de notre établissement »

« Ce jeune n’était pas un client de notre établissement, relate le responsable des lieux. Au contraire, il était dans un état d’ébriété très avancé et il importunait les jeunes filles qui sortaient de chez nous. Une bagarre a éclaté et il s’est retrouvé à terre. C’est un de nos vigiles qui a appelé les secours. C’est tout ce qu’ils ont le droit de faire. »

Le patron du Network précise que la victime était accompagnée de deux autres personnes, « dont l’un, torse nu, provoquait encore tout le monde, une demi-heure plus tard ». « C’est comme ça chaque week-end. Que voulez-vous faire ?, regrette le commerçant. On appelle la police, ils arrivent qurante-cinq minutes plus tard pour constater qu’il ne se passe plus rien. »

L’oreille en sang

Et de raconter deux anecdotes survenues le week-end du 23 juin. « Dans la nuit de vendredi à samedi, nos vigiles ont dû protéger un jeune, l’oreille en sang, qui se faisait poursuivre par une vingtaine d’individus. Dès que ses agresseurs sont partis, on lui a dit de se sauver. »

La nuit suivante, c’est une bagarre avec une quarantaine de jeunes qui s’est déclenchée sur la place, en face de la discothèque. « Nous avons appelé la police. Ils sont arrivés à trois et n’ont rien pu faire. Un jeune est resté trente minutes au sol. »

Un rodéo en Audi

Le patron du Network se rappelle également le rodéo d’une Audi immatriculée en Allemagne qui a emprunté une vingtaine de fois de suite la rue devant sa discothèque, « en accélérant à fond ». « Voilà à quoi on est confronté en permanence », se plaint-il.

L'homme espère que la ville et la police vont prendre en compte cette situation, envenimée, selon lui, par la présence de vendeurs ambulants dans le secteur au petit matin : « Nous sommes obligés de mettre en place un service de voiturier pour éviter aux jeunes filles de se faire agresser. » Voilà qui ne va pas améliorer la réputation du secteur souvent en proie aux polémiques sur la gestion de la vie nocturne à Lille.