Lille: Deux rapports évoquent des négligences dans l'affaire du bébé décédé dans une crèche

JUSTICE Dans l’affaire du nourrisson mort d’asphyxie dans une crèche de Lille-Hellemes, le père de la victime réclame la mise en examen de la directrice, au vu du dernier rapport d’expertise…

Gilles Durand

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La crèche où l'enfant est décédé.
La crèche où l'enfant est décédé. — M.Libert / 20 Minutes
  • En octobre 2013, un bébé de 4 mois était décédé dans une crèche de Lille-Hellemmes.
  • Une information judiciaire est ouverte depuis juin 2014 et l’instruction semble sur le point de se terminer.
  • Le père de la victime demande la mise en examen de la responsable de la crèche.

Qui est responsable de la mort d’un bébé dans une crèche de Lille-Hellemmes ? Une information judiciaire avait été ouverte en juin 2014, avec la simple mise en examen d’une auxiliaire de puériculture près de trois ans plus tard, en février 2017. Un récent rapport d’expertise, demandé par la juge d’instruction, évoque pourtant des négligences de l’encadrement, à en croire le père de la victime.

« Elle doit s’expliquer devant la justice »

En attendant le procès, l’avocate de la partie civile, Me Laurence Bedossa, continue donc de réclamer la mise en examen de la directrice de cette crèche municipale. « Nous ne disons pas qu’elle est responsable ou coupable, mais elle doit s’expliquer devant la justice car de graves dysfonctionnements sont mis en avant, à la fois par le rapport d’expertise, mais aussi par celui de la police », souligne-t-elle.

Le 1er octobre 2013, le petit Tahina, âgé de 4 mois, décédait lors de sa sieste, au sein de la crèche L’Amicloterie, à Lille-Hellemmes. Les examens montraient que l’enfant était mort d’asphyxie après avoir été couché sur le ventre, en contradiction avec les pratiques professionnelles établies.

Aucune surveillance pendant près de deux heures

Or, l’enquête semble avoir également établi que « la prévention sur le couchage n’était pas une préoccupation de l’encadrement », et que le dortoir n’avait fait l’objet d’aucune surveillance pendant près de deux heures, pendant la pause déjeuner. « La police, arrivée sur place après le décès, parle d’anarchie de l’organisation dans cette crèche », poursuit l’avocate.

Le dernier rapport du médecin expert vient, une fois de plus, contredire celui de l’Unité territoriale de prévention (UTP) du conseil départemental du Nord, en charge de la Petite enfance. Venue effectuer une visite technique deux jours après le drame, l’UTP « avait conclu que le personnel et le matériel étaient satisfaisants », déplore le père de Tahina.