Lille: Quand la restauration sert l'intégration des réfugiés

TOP CHEF Le Refugee Food festival fait escale à la cuisine commune de Lille-Fives, un lieu atypique où on peut cuisiner et manger ensemble…

Gilles Durand

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L'Avant-goût de la cuisine commune, à Lille-Fives.
L'Avant-goût de la cuisine commune, à Lille-Fives. — G. Durand / 20 Minutes
  • L’Avant-goût de la cuisine commune est un endroit où on peut venir cuisiner en commun et partager ensemble un repas au cœur du quartier de Lille-Fives.
  • Dans le cadre du Refugee Food festival, le site lillois propose un repas confectionné par un chef lillois et un réfugié syrien.

Le lieu a ouvert il y a à peine six mois et il a déjà été adopté. L’Avant-goût de la cuisine commune est un endroit où on peut venir cuisiner en commun et partager ensemble un repas au cœur du quartier de Lille-Fives.

« On y prépare une cuisine familiale partagée. C’est un lieu qui doit susciter l’envie de cuisiner soi-même avec, de préférence, des produits locaux », souligne Hervé Hazard, de l’asso Les Sens du goût, qui anime ce site atypique où on trouve aussi une aire de restauration commune (food court). « Nous proposons des ateliers d’éducation aux goûts pour les enfants », précise Hervé Hazard.

Une future halle gourmande

Ce lieu provisoire préfigure l’ouverture, fin 2019, d’une halle gourmande. Le principe sera le même, mais les bâtiments seront plus grands et plus fonctionnels. Il restera à faire cohabiter en bonne entente cette cuisine commune avec le lycée hôtelier voisin. Ce qui n’est pas le cas pour l’instant, sauf en de rares occasions comme ce mercredi après-midi.

Le chef Bertrand Simon, enseignant au lycée hôtelier de Lille, a accepté de se retrouver aux fourneaux de l’Avant-goût en compagnie du Syrien Bassem Ataya pour concocter un menu spécial pour l’Avant-goût.

Repas syrien au menu

Mercredi soir, environ 70 convives ont pu déguster un repas syrien qui s’inscrivait dans le cadre du Refugee food festival, un événement qui permet au restaurant d’ouvrir leur cuisine à des cuisiniers réfugiés, professionnels ou non.

Bassem Ataya (à gauche) et le chef Bertrand Simon.
Bassem Ataya (à gauche) et le chef Bertrand Simon. - Charles Mangin

Bassem Ataya a quitté son pays il y a quelques années pour s’installer à Lille avec sa femme et sa fille. Ancien administrateur d’un journal à Damas, il s’est découvert une nouvelle passion pour la cuisine.

« Ce Refugee food festival a été lancé à Paris en 2016. Aujourd’hui, plusieurs villes d’Europe y participent, explique Fanny Borrot, porte-parole du festival. On souhaite changer le regard sur les réfugiés et proposer un tremplin professionnel autour de la restauration pour ces personnes ».

Lille a rejoint le projet et propose quatre rendez-vous cette semaine*. Le dernier aura lieu vendredi soir, à l’Îlot bar, avec un repas surinamien.