Lille: Condamné à 27 ans de réclusion pour des viols, il a clamé son innocence jusqu'au bout

JUSTICE La cour d’assises du Nord a prononcé une peine de 27 ans de réclusion à l’encontre d’un jeune homme de 30 ans qui violait ses victimes en les menaçant d’un couteau…

G.D. avec AFP

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Illustration de la cour d'assises de Douai.
Illustration de la cour d'assises de Douai. — O. Aballain / 20 Minutes
  • Un jeune homme de 30 ans a été condamné à 27 ans de réclusion pour des viols et tentatives de viol.
  • Le condamné a nié les faits jusqu’au bout, assurant qu’il avait pu être confondu avec son co-détenu.
  • Le co-détenu est venu à la barre expliquer qu’il avait été torturé en prison par l’accusé, pour qu’il écrive une lettre d’aveux.

Il était poursuivi pour trois viols et quatre tentatives. Erwan Gouget a été condamné à 27 ans de réclusion par la cour d’assises de Douai, après un long délibéré du jury de six heures, rapporte La Voix du Nord.

Le jeune Loossois, âgé de 30 ans, suivait le même mode opératoire : muni de gants, d’un couteau et d’un pied-de-biche, il agressait des étudiantes rentrant de soirée, notamment à leur domicile.

« Il y a 5 plaignantes qui le reconnaissent »

Le jury est allé plus loin que l’avocat général, Luc Frémiot, qui avait demandé 25 ans, assortis de la peine de sûreté maximale. « Il y a 5 plaignantes qui le reconnaissent formellement », avait-il pointé lors de son réquisitoire.

Car l’accusé, jusqu’au bout, a nié les faits. Et son avocat, Franck Berton, a plaidé la relaxe, prétextant que son client avait pu être confondu avec un autre violeur, déjà condamné : « Christopher R. a été arrêté la veille d’Erwan Gouget. Comme Erwan Gouget. il correspondait au portrait-robot ».

« Aucune trace génétique correspondant à mon client n’a été identifiée, a expliqué Franck Berton, dans sa plaidoirie. La justice, c’est la certitude d’une preuve, ce ne sont pas des sentiments. »

Le témoignage d’un co-détenu

Un épisode a particulièrement marqué ce procès qui a duré plus d’une semaine. Mardi, un co-détenu d’Erwan Gouget est venu accuser ce dernier de l’avoir torturé : « Il m’a forcé à écrire des courriers » pour assumer ses crimes.

Durant l’enquête, Erwan Gouget a soutenu que Christopher R., 28 ans, condamné à 18 ans de prison pour trois viols en 2012, pourrait être l’auteur de certains faits. Chritopher R. est venu à la barre pour détailler toutes les tortures qu’Erwan Gouget lui aurait fait subir pour obtenir des courriers d’aveux.

« Il m’a forcé à écrire des courriers pour que je prenne les victimes sur mon dos, m’a tabassé, m’a violé en cellule », commence-t-il. « Il m’a fait manger comme un chien, m’a racketté, m’a fait faire des tatouages ».

« Débile vaniteux »

Parmi les autres sévices dont il l’accuse figurent des coups au ventre et aux testicules, des claques régulières, un viol pour gage à l’issue d’un jeu de cartes…

Plusieurs courriers ont été reçus à l’époque par le juge instruisant l’affaire Gouget, dans lesquels Christopher R. endossait des viols pour lesquels l’accusé est poursuivi.

L’étrangeté des débats se renforce ensuite lorsque aux pleurs de Christopher R. succèdent les rappels de la présidente sur les crimes pour lesquels il a été condamné, ou quand elle cite un expert psychologue le qualifiant de « débile vaniteux, incapable de réfréner ses pulsions sexuelles, avec une absence de sens moral ».

Pas dans la même cellule

Me Frank Berton, s’attache, pour sa part, à relever les incohérences et les zones de flou dans le récit, notamment des courriers écrits alors que les deux détenus n’étaient pas dans la même cellule.

Erwan Gouget, lui, s’emporte dans le box sur un détail en particulier : « Je ne suis pas homosexuel, il n’a pas à dire ça ! […] Je n’ai rien contre les homosexuels mais je ne l’ai jamais été et ne le serai jamais ! »