Lille: Mobilisation autour d’étudiants étrangers en situation irrégulière

SOCIETE Une pétition demande au préfet du Nord de ne pas expulser les étudiants « dublinés » de l’université de Lille…

Mikael Libert

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Illustration de la police aux frontières (PAF).
Illustration de la police aux frontières (PAF). — Frederic Scheiber/20 Minutes
  • Un collectif universitaire de soutien pour les étudiants « dublinés ».
  • Une pétition a été remise au préfet du Nord pour revoir leur situation.
  • Une dizaine de personnes identifiées mais bien davantage concernées.

Lundi, le collectif « Etudiants de Galois et leurs amis » a déposé une pétition de 1.500 signatures sur le bureau du préfet du Nord. Le texte demande de sortir de la procédure dite de Dublin une dizaine de demandeurs d’asile titulaires d’une carte d’étudiant mais menacés d’expulsion. Un combat très loin d’être gagné.

A l’étage du Café citoyen de Lille, sous une banderole indiquant « Non à Dublin », une dizaine d’étudiants de l’université de Lille ont plaidé leur cause. Ils viennent de Guinée ou du Congo et sont entrés illégalement en France, via l’Espagne ou l’Italie, après avoir fui leurs pays. Tous ont aussi déposé une demande d’Asile en France mais, en vertu du règlement de Dublin, tous sont menacés d’expulsion.

« Une carte d’étudiant n’est pas un titre de séjour »

« Nous ne voulons pas sortir de l’université avec un arrêté de la préfecture mais avec un diplôme », déclare l’un des étudiants qui souhaitent tous rester anonymes. En gros, le règlement de Dublin stipule que la demande d’asile doit être déposée dans le premier pays de l’Union où la personne a été enregistrée. Mais dans les faits, les transferts depuis la France sont rares: 10% des personnes normalement concernées en 2016 selon le ministère de l’Intérieur.

Sauf que la menace est quand même présente. Du coup, le collectif cherche du soutien du côté de la fac, affirmant qu’en ayant octroyé à ces personnes une carte d’étudiant, l’université « se doit de les accompagner jusqu’au bout de leur parcours d’intégration ». « Une carte d’étudiant n’est pas un titre de séjour », rappelle Emmanuelle Jourdan, vice-présidente de l’université.

Déclarés en fuite

Et les galères ne s’arrêtent pas là pour ces étudiants. Relevant du règlement de Dublin, ils ont obligation de se rendre au commissariat deux fois par semaine pour signer un registre : « A chaque rendez-vous il y a le risque qu’on nous remette un arrêté de transfert. Si l’on n’y va pas, on est déclaré en fuite », explique un Guinéen. « Et être déclaré en fuite signifie la perte de l’aide pour demandeur d’asile et donc des difficultés pour manger, se loger ou se déplacer », ajoute un autre ressortissant de Guinée.

Il n’en reste pas moins qu’au regard des règlements, « si absurdes soient-ils » selon le collectif, le préfet n’est pas tenu d’accéder à leur demande. Contactée par 20 Minutes, la préfecture n’a pas donné suite.