Roubaix: Les maisons à un euro, une fausse bonne affaire?

IMMOBILIER Une association dénonce une « publicité mensongère » de la part de la mairie de Roubaix pour son opération « Maisons à un euro avec travaux »…

Mikael Libert

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Pour acquérir une des maisons du dispositif, il faudra débourser davantage que un euro.
Pour acquérir une des maisons du dispositif, il faudra débourser davantage que un euro. — M.Libert / 20 Minutes
  • Plus de 70 dossiers ont été déposés pour bénéficier de l’une des 17 maisons à un euro.
  • Mais cette opération de la ville de Roubaix est pointée du doigt par une association.
  • Elle dénonce, notamment, la question des frais de notaires appliqués.

« Publicité mensongère », « coup de com ». C’est en ces termes que l’association Société civile roubaisienne, présidée par David Guilbert, dénonce le dispositif « Maisons à un euro avec travaux », lancée par la mairie de Roubaix. Maître d’œuvre de l’opération, La fabrique des quartiers défend le projet comme elle peut.

L’opération avait été lancée, le 21 mars dernier par l’ouverture des candidatures pour tenter d’obtenir l’une des 17 maisons mises en vente. Un succès pour la mairie de Roubaix, puisque La Fabrique des quartiers a reçu 74 dossiers. Un chiffre honorable, mais pas fou car, selon David Guilbert, « d’un bon plan on peut vite passer au cauchemar ».

Des maisons «à minima à 5.001 euros»

Pour décrypter les dessous de l’opération, le président de l’association s’est offert les services d’un juriste en droit des contrats, d’un notaire et d’un assureur. De ce travail, il ressort que trois points posent problème, à commencer par la question des frais de notaire : « Ils sont annoncés entre 5.000 et 8.000 euros. Pour une transaction à un euro, ces frais apparaissent onéreux », estime David Guilbert.

« Ces frais ont été calculés sur la base de la valeur vénale des biens, estimée par le service des Domaines, et non sur le prix de vente d’un euro », explique La fabrique des quartiers. « Dans ce cas, la maison n’est pas vendue un euro, mais à minima à 5.001 euros », rétorque l’association.

David Guilbert s’interroge aussi sur les questions d’assurance : « L’acte de vente se sera signé qu’à l’issue des travaux. Comment l’acquéreur, qui ne sera donc pendant un an ni propriétaire, ni locataire, peut-il protéger son bien en cas de sinistre ? »

« La question ne se pose plus. Si ce système a fonctionné en Grande-Bretagne, nous avons compris qu’il n’était pas possible de le transposer ici. L’acte de vente sera bien signé avant les travaux », annonce le maître d’œuvre de l’opération.

Une contrainte qui a un certain coût

Le dernier problème soulevé vient de l’obligation de faire appel à un architecte pour assurer la maîtrise d’œuvre du chantier. « Ce n’est pas une obligation légale mais nécessaire pour prétendre aux subventions de type Anah. »

« C’est en effet une contrainte qui vient de la volonté de réaliser les travaux dans les règles de l’art », reconnaît La fabrique des quartiers. Une contrainte qui fait grimper la note « de 6 % du montant total des travaux hors taxes », déplore l’association.