Libération contestée d'un suspect

Olivier Aballain - ©2008 20 minutes

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Les policiers s'insurgent, le parquet a fait appel : la libération conditionnelle, samedi, d'un homme suspecté d'être le chef d'un réseau de trafic de stupéfiants à Mons-en-Baroeul, complique les relations entre la police et la justice. Interpellé vendredi matin après s'être réfugié chez une amie à Mouvaux, le suspect était recherché depuis cinq mois dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour trafic de drogue. Le parquet de Lille a indiqué hier qu'il avait fait appel de la décision de remise en liberté sous contrôle judiciaire, rendue par la juge de la liberté et des détentions. « Nous n'avons rien contre cette juge ni contre l'institution, qui doit aussi gérer un manque d'effectif, précisait hier Benoît Lecomte, du syndicat policier Alliance. Mais aujourd'hui le suspect est dans la nature. S'il faut de nouveau l'arrêter, ou s'il relance ses activités illicites, nous monterons au créneau. » Contactée, la présidence du tribunal de grande instance n'a pas souhaité réagir.

Selon une source policière, « les faits paraissaient clairs » : les enquêteurs ont retrouvé de l'héroïne et de la cocaïne sur les lieux de l'arrestation. En outre, ils avaient demandé l'aide du GIPN car ils soupçonnaient l'homme d'être armé - ce qui, selon nos informations, ne s'est pas vérifié. La balle est dans le camp de la cour d'appel, qui devrait trancher d'ici un mois.