Illustration justice.
Illustration justice. — M.LIBERT/20 MINUTES

JUSTICE

Lille: Prison ferme pour le fiché «S» qui avait agressé des policiers

Ne supportant pas la fouille, l’homme s’était déchaîné sur les trois fonctionnaires…

  • Lors d’un contrôle, trois policiers de la BAC ont été frappés par un individu.
  • Après vérifications, il s’est avéré que le mis en cause était fiché « S ».
  • Le prévenu a été condamné à 18 mois de prison, dont neuf avec sursis.

Mercredi, le tribunal correctionnel de Lille a condamné un homme de 28 ans, fiché S, à 18 mois de prison, dont 9 ferme. Il était accusé d’ avoir agressé trois policiers, samedi, à La Madeleine, près de Lille, dans le Nord.

Samedi, vers 23h, trois policiers de la BAC ont aperçu deux hommes garés dans une voiture qui se sont dissimulés à leur passage. Alors que les policiers contrôlaient les deux individus, Youssef C. a donné « un coup de boule au collègue, sans raison apparente », explique à l’audience l’un des fonctionnaires, le visage encore amoché.

Seul, il blesse les trois policiers

D’après le procès-verbal, lu par le président du tribunal Marc Trévidic, le second policier est intervenu, donnant « des coups de matraque, sans que ça ne suffise pour le neutraliser ». Il a été à son tour blessé. « Ce qui m’a le plus choqué, c’est qu’il a séché moi et mon collègue, et qu’au lieu de fuir, il s’en va vers le troisième » et l’a frappé à son tour.

C’est après avoir appelé des renforts que les policiers sont finalement parvenus à interpeller l’individu, qui s’était caché sous une camionnette.

« Quand les fonctionnaires ont tapé leur rapport, ils se sont aperçus que c’était un fiché S. Ils se sont demandé par quel miracle ils n’étaient que blessés… », a expliqué maître Emmanuel Riglaire, avocat des trois fonctionnaires sous le coup d’interruptions totales de travail (ITT) provisoires comprises entre deux et quatre jours (nez et dents cassés, points de suture…).

« J’ai laissé ma colère parler »

Interrogé par le président du tribunal sur ce « déferlement de violence », le prévenu, au casier vierge, a expliqué ne pas avoir aimé subir une palpation. Puis, « j’ai laissé ma colère parler », a-t-il dit, avant d’avouer qu’il frappait parfois des arbres pour atténuer ses colères.

Le magistrat a estimé que le prévenu avait de la « chance » d’être en France où les policiers savent « garder leur sang-froid ». Aux Etats-unis « vous auriez probablement fini avec une balle dans la tête », a-t-il déclaré. Lors de l’audience, il a été peu question des raisons pour lesquelles ce natif d’Arras, dans le Pas-de-Calais, était fiché.

Le prévenu a donc été condamné à 18 mois de prison, dont neuf avec sursis, et écroué à l’issue de l’audience. « C’est une peine que les policiers considèrent comme extrêmement légère eu égard à la gravité des blessures subies, il y a trois blessés coup sur coup par un seul homme », a réagi maître Riglaire. L’avocat de Youssef C. a estimé la peine « logique et raisonnable compte tenu de ses difficultés psychiatriques ».