Nord: Un quartier vent debout contre l'arrivée d'un centre pour les usagers de drogues

SOCIETE Les habitants du Blanc-Riez estiment qu’il y a d’autres priorités pour leur quartier classé en zone prioritaire…

Mikael Libert

— 

Des kits d'injection distribués aux usagers de drogue (illustration).
Des kits d'injection distribués aux usagers de drogue (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Le centre d’accueil et d’accompagnement des usagers de drogues doit emménager à Wattignies.
  • Constitués en collectif, les habitants du quartier ne veulent pas de cette structure.
  • La mairie doit rendre sa décision à la fin du mois de juin.

Véritable problème ou peur de l’inconnu ? Des habitants du quartier prioritaire du Blanc-Riez, à Wattignies, près de Lille, se sont constitués en collectif pour lutter contre le projet d’implantation d’un Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues (Caarud). Le directeur de la structure, lui, estime « qu’ils se trompent de colère ».

Installé depuis 1994 à Faches-Thumesnil, le conseil intercommunal de prévention de la délinquance (CIPD) doit déménager depuis que la commune a quitté le dispositif, fin 2015. En 2017, le maire de Wattignies a proposé à la structure de s’installer dans les locaux de l’ancienne école maternelle Apollinaire, dans le quartier du Blanc-Riez. « Nous n’avons rien contre le CIPD et son travail de prévention, au contraire, insiste Karim Choukhi, porte-parole du collectif. C’est le Caarud qui nous pose problème. »

« Cela va accentuer le trafic de drogue »

« Les personnes qui fréquentent le Caarud sont fragiles, cela risque d’apporter des difficultés supplémentaires dans un quartier qui n’a pas besoin de ça. Cela va accentuer le trafic de drogue et on risque de retrouver du matériel d’injection usagé dehors », affirme le collectif. Pourtant, d’après la police, le Blanc-Riez n’est pas spécialement connu pour des problèmes liés aux stupéfiants.

« Les habitants se trompent de colère. Nous sommes à Faches depuis 24 ans et nous n’avons jamais eu de problème », se désole Benoît Tryoen, directeur du Caarud Oxygène. « Ici, nous traitons de toutes les addictions, et ce n’est pas la drogue mais l’alcool qui fait le plus de ravages dans la région. C’est un sujet complexe de santé publique », soutient-il.

Une « méconnaissance » des actions du Caarud

Mais les habitants n’en démordent pas. « Pourquoi ne pas l’implanter près d’un hôpital, comme cela se fait ailleurs ? », s’interroge Karim Choukhi. « Ce n’est pas tant le lieu qui pose problème que la méconnaissance de nos actions, rétorque Benoît Tryoen. Les toxicomanes ne sont pas tous des délinquants ».

Du côté de la mairie de Wattignies, la décision est mise en attente jusqu’à la fin du mois de juin. Pendant ce temps, les deux pétitions du collectif accumulent les signatures, plus de 1.300 à ce jour.