VIDEO. Auchan accusé de ne pas respecter ses engagements envers le climat, avec le projet Europacity

POLEMIQUE L’ONG InCOPruptibles ont tenté de sensibiliser avec humour les actionnaires d’Auchan en manifestant à Marcq-en-Barœul lors d’une réunion d’entreprise…

Gilles Durand

— 

Europacity prévoit 230.000 m² de commerces, un parc aquatique, une piste de ski, une salle dédiée au cirque, des boites de nuit. Le tout pour un investissement de 3,1 milliards d’euros.
Europacity prévoit 230.000 m² de commerces, un parc aquatique, une piste de ski, une salle dédiée au cirque, des boites de nuit. Le tout pour un investissement de 3,1 milliards d’euros. — /Europacity

L’impact climat au cœur de la contestation. Vendredi, des activistes de l’ONG InCOPruptibles, déguisés en clown, ont perturbé l’arrivée des participants à une réunion des principaux actionnaires du groupe Auchan qui avait lieu, à Marcq-en-Barœul, près de Lille.

Ils protestaient contre le projet Europacity, porté par Immochan, la filière immobilière du groupe Auchan. Il s’agit de construire à Gonesse (Val-d’Oise), au nord de Paris, le plus grand centre européen dédié au commerce et aux loisirs.

Engagements en faveur du climat

L’ONG accuse Auchan de ne pas respecter ses engagements en faveur du climat. En 2015, la société nordiste de grande distribution avait signé le Manifeste pour le climat pour s’engager à réduire les émissions de CO2.

« Or, le projet Europacity conduirait à doubler l’impact climat des activités françaises détenues par les Mulliez », affirme InCOPruptibles qui parle d’un « impact climat d’une ville de 250.000 habitants ».

« Nous développons, dans un territoire en difficulté, un projet vertueux où cohabitent l’environnement, le social et l’économique », souligne Benoît Chang, directeur d’Europacity, lequel conteste l’étude InCOPruptibles. « Il y a des biais, notamment le fait de cumuler tout le bilan carbone des visiteurs étrangers sur Europacity alors qu’ils vont aussi visiter d’autres sites à Paris. »

Projet annulé une première fois

En mars 2018, le tribunal administratif de Pontoise (Val-d’Oise) avait annulé la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC) qui doit accueillir ce méga complexe. Mais le gouvernement Edouard Philippe a fait appel de ce jugement.

Dimanche soir, des associations regroupées au sein du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG) ont manifesté, à leur tour, contre l’artificialisation des terres sur une zone de 2,8 km2. De son côté, le maire (PS) de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, épaulé par les élus PS, LR et LREM a annoncé que ce projet ne serait pas abandonné et qu’il « allait contribuer au développement de cette zone déshéritée du Val-d’Oise ».

>> A lire aussi : Et si Europacity était le prochain barrage de Sivens?