Le président du département du Nord, Jean-René Lecerf.
Le président du département du Nord, Jean-René Lecerf. — M.Libert / 20 Minutes

PROJET IMMOBILIER

Nord: Pourquoi le Département a décidé de vendre ses logements de fonction

Le président du Département du Nord, Jean-René Lecerf, se plaint de la mauvaise gestion des logements de fonction dans les collèges…

  • Le président du Département du Nord veut vendre certains logements de fonction dans les collèges.
  • Jean-René Lecerf estime que le taux d’occupation est trop faible.
  • Le conseil départemental dénombre 231 dérogations pour 814 logements, soit plus d’un quart.

Les logements de fonction des collèges dans le collimateur du Département du Nord. Son président (DVD) Jean-René Lecerf, a décidé d’en vendre un certain nombre à un bailleur social, « de manière à ce qu’il assume la gestion locative », explique-t-il. En cause, l’absence de contrôle et l’utilisation parfois détournée de ces logements.

Le président du Département avait évoqué le sujet, lors d’une séance plénière du conseil, en avril, à l’occasion de la polémique autour d’un logement de ce type occupé par une députée LREM.

Une nécessité de service

Ces logements dits « de fonction » sont en fait des habitations attribuées au principal, principal adjoint ou gestionnaire du collège pour y assurer une permanence. Il s’agit d’une nécessité de service inscrite dans les statuts de la fonction.

Or, selon Jean-René Lecerf, « il y a de très nombreux logements vacants, parce qu’il semble extrêmement facile d’obtenir une dérogation quant à l’obligation de loger dans l’établissement ».

Le conseil départemental dénombre 231 dérogations pour 814 logements, soit plus d’un quart. Dans ces 231 logements, 168 restent vacants tandis que 73 bénéficient d’un contrat d’occupation provisoire. « Je connais même un exemple de logement, en métropole lilloise, occupé par le fils qui est étudiant », dénonce Jean-René Lecerf.

Logements trop petits ou vétustes

Interrogé sur le sujet, le rectorat de Lille estime que ces dérogations sont octroyées pour des « raisons familiales ou patrimoniales ». « Le logement peut être trop petit ou le conjoint peut travailler très loin, par exemple », explique un chef d’établissement qui considère que « le problème n’est pas lié aux dérogations, mais à la vétusté des logements ».

Ainsi, dans la réalité, le nombre de logements vacants pourrait même être beaucoup plus important. « Certains collègues ne demandent pas de dérogation de peur de ne pas l’obtenir, mais ce n’est pas pour autant qu’ils occupent le logement », avoue un principal.

« Cette situation a assez duré »

Pour le président du Département, « cette situation a assez duré ». Dès la rentrée 2019-2020, certains logements auront été vendus à des bailleurs privés.

« Vilogia et Maisons & cités sont d’accord pour faire des propositions d’achats. Ensuite, nous paierons un loyer, mais uniquement pour le personnel du collège », assure Jean-René Lecerf qui juge que « ce n’est pas au Département de jouer les gestionnaires et de s’occuper, par exemple, des chaudières qui tombent en panne ».