Nord: Les pompiers et l’hôpital de Roubaix condamnés pour un défaut de prise en charge d’un AVC

JUSTICE Le tribunal administratif de Lille a condamné les pompiers du Nord et l’hôpital de Roubaix pour n’avoir pas décelé à temps l’AVC d’un quadragénaire…

G.D.

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Illustration des pompiers.
Illustration des pompiers. — O. Aballain / 20 Minutes

Son AVC n’a pas été détecté à temps. Le tribunal administratif (TA) de Lille a condamné les pompiers et l’hôpital de Roubaix à payer une amende de 310.000 euros à la victime, un habitant de Croix, dans le Nord, rapporte La Voix du Nord.

Cet homme de 44 ans est devenu paraplégique après un accident vasculaire cérébral. Pour le TA, la « faute de service » du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) et de l’hôpital Victor-Provo de Roubaix est reconnue. Des experts ont estimé que la mauvaise prise en charge avait provoqué une perte de chance à hauteur de 40 %.

Ne pas encombrer les urgences

L’affaire remonte au 17 août 2012. En soirée, la victime appelle les urgences des sapeurs-pompiers et décrit ses symptômes. « L’opérateur lui conseille de rentrer chez lui plutôt que de se rendre aux urgences, pour ne pas les encombrer pour un coup de chaleur », raconte l’avocate, Blandine Lejeune, au quotidien régional.

Le quadragénaire n’a pas été mis en contact avec un médecin du Samu​, selon l’enregistrement de la conversation téléphonique. Il est retrouvé inanimé, non loin de chez lui, sur une pelouse, vers 22 h.

Les pompiers le transportent à l’hôpital de Roubaix pour une crise de tétanie. Il va attendre une heure pour qu’une IRM soit pratiquée. Son transfert au CHR de Lille se fait à 3 h du matin. Lorsqu’il arrive, la prise en charge est trop tardive et l’AVC a atteint le tronc cérébral.

Hospitalisé à Berck-sur-Mer

L’homme est aujourd’hui hospitalisé à l’hôpital maritime de Berck. Ses parents ont également obtenu 10.000 euros de dommages.

Selon le SDIS qui envisage de faire appel, il s’agit d’un dossier « complexe et d’une technicité particulière » et « la réponse de l’opérateur était adaptée aux symptômes décrits ».

L’hôpital de Roubaix ne fera pas appel

En revanche, l’hôpital de Roubaix ne fera pas appel, mais tient à préciser, dans un communiqué : « Le diagnostic d’AVC a été très rapidement posé par les médecins urgentistes et neurologue, et un scanner a été réalisé dans la demi-heure. Par la suite, l’état du patient s’étant aggravé, une IRM a été réalisée, puis une thrombolyse. »

Le TA a estimé que l’établissement aurait dû pratiquer l’IRM en première intention, ce qui aurait permis de réaliser la thrombolyse plus rapidement.

Cette affaire fait écho à la polémique récente qui entoure la mort de Naomi Musenga après sa prise en charge par le SAMU de Strasbourg.