Roubaix: L'avenir compromis d'une des plus anciennes école de hip-hop de France

SOCIETE L’association « Dans la rue la danse » est dans une situation financière critique…

Mikael Libert

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Cours de hip-hop à l'école Dans la rue la danse.
Cours de hip-hop à l'école Dans la rue la danse. — F.Tribalat
  • Dans la rue la danse a été l’une des premières écoles de hip-hop en France.
  • Près de 80 % de ses adhérents sont en situation précaire.
  • Une nouvelle baisse de subventions menace la survie de l’association.

Monument en péril. Trente ans après son installation à Roubaix, l’école de hip-hop, Dans la rue la danse se retrouve, une fois de plus, dans une situation financière difficile. La sonnette d’alarme a pourtant été tirée à de nombreuses reprises par son président, Frédéric Tribalat, qui dénonce l’iniquité de traitement entre « culture officielle » et « culture urbaine ».

Lorsque Frédéric Tribalat a créé Dans la rue la danse, en 1986, il n’existait que deux autres écoles de hip-hop en France : « Cette initiative a eu rapidement beaucoup de succès », se souvient-il. La structure associative, largement subventionnée, a connu un développement fulgurant : « A notre apogée, nous avons eu jusqu’à 20 salariés et un budget de plus de 700.000 euros », poursuit-il.

Redressement judiciaire en 2009

Les problèmes sont arrivés plus tard. En 2009, l’association a été placée en redressement judiciaire après s’être retrouvée en cessation de paiement. « Ensuite, en 2012, un adjoint au maire nous a tout simplement coupé notre subvention. Ça nous a mis un coup, même si nous avons pu en récupérer une partie », assure le président.

Aujourd’hui, la voilure a été réduite à dix salariés et le budget tourne autour des 160.000 euros. « Malgré tout, L’école accueille encore 350 élèves et nous poursuivons nos ateliers en région auprès de 800 jeunes », précise Frédéric Tribalat.

Si l’école est née d’un projet artistique, elle a aussi une vocation sociale : « Seuls 20 % de nos adhérents ont une situation financière normale. Les collectivités ne se rendent pas compte que le levier culturel est important dans les quartiers », déplore le président.

Selon lui, la dernière tuile date d’avril dernier : « Le département nous a coupé une subvention de 42.000 euros et les crédits municipaux baissent chaque année. Nous sommes dans une situation critique aujourd’hui. »

« Il faut traiter tout le monde de manière équitable »

Selon l’association, sa capacité d’autofinancement est de 40 %, insuffisante pour continuer en l’état. « Que doit-on faire ? Devenir une structure commerciale et faire grimper le prix des adhésions à plus de 500 euros par an, s’interroge le fondateur. De l’argent, il y en a pour la culture officielle ou faire un festival de séries. Il faut traiter tout le monde de manière équitable », martèle-t-il.

Une pétition de soutien circule sur le Web et l’association organise, mardi prochain, une réunion dans ses locaux roubaisiens. Contactés par 20 Minutes, ni le département, ni la mairie n’ont donné suite.

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