Lille: Magie, il transforme la brique et le marc de café en tabourets

INNOVATION Grâce a son système, Etnisi peut donner une nouvelle vie à toutes les matières solides usagées…

Mikael Libert

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Des tabourets fabriqués à partir de briques recyclées et de marc de café.
Des tabourets fabriqués à partir de briques recyclées et de marc de café. — Etnisi
  • Etnisi recycle tous les matériaux solides pour en faire de nouveaux objets.
  • La start-up veut mettre en avant la dimension patrimoniale des matériaux.
  • La première unité de production est installée à Roubaix.

Tout est bon dans la déconstruction. Il y a un peu moins d’un an, Espérance Fenzy a créé Etnisi, une start-up dont l’activité est de concevoir des objets à partir de matériaux recyclés. Rien d’original direz-vous ? Pas si sûr. Car le procédé inventé par l’entrepreneur n’est pas uniquement industriel, il est aussi éthique et patrimonial. Explications.

A 38 ans, Espérance Fenzy n’est pas un lapin de six semaines. Avant de se lancer, il a fait une école d’ingénieurs à Lille puis gagné ses galons pendant une dizaine d’années dans des boîtes de BTP. « J’ai quitté mon poste chez Rabot Dutilleul et, pendant quinze mois, j’ai travaillé sur mon projet pour déterminer s’il pouvait être réalisable et compétitif », explique-t-il. La gestation fut longue, mais elle a donné Etnisi : « La société a été créée en 2017 mais la première unité de production, basée à Roubaix, n’est opérationnelle que depuis le début de l’année », précise Espérance Fenzy.

De la faïence pour la cuisine de Fives-Cail

Son secret, breveté, s’appelle le « wasterial ». « C’est un composé qui contient 75 % de matière recyclée mais l’objectif est d’arriver à 100 % », assure l’ingénieur. Cela fonctionne avec n’importe quelle matière solide et, notamment, les matériaux de déconstruction. « Notre première commande vient des architectes de Fives-Cail. Il s’agissait de fabriquer de la faïence pour la cuisine avec des matériaux récupérés sur le chantier de déconstruction ».

Echantillons de matière reconditionnée par Etnisi.
Echantillons de matière reconditionnée par Etnisi. - Etnisi

Mais ce qu’Etnisi voudrait, c’est apporter autre chose que la dimension recyclage : « Les matières sont parfois porteuses de sens, d’histoires. Comme la brique rouge pour les gens du Nord par exemple ». Ainsi, pour que ses clients puissent emporter un petit bout de patrimoine chez eux, Espérance Fenzy fabrique, entre autres, des tabourets en briques recyclées, des goodies à partir de balles de Roland-Garros ou du carrelage avec des coquilles de moules de la Braderie de Lille.

L’autre idée est de développer de micro-usines au plus près de sources de matière première, voire mobiles, notamment pour réduire l’empreinte carbone de ses produits. Et pour ça, Etnisi lance, dès lundi, une campagne de crowdfunding sur la plateforme Tributile.