«Tout le monde est dans la bagarre»

Recueilli par Vincent Vantighem

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"Bienvenue chez les ch'tis salaires!": c'est sous ces banderoles en forme de clin d'oeil au film de Dany Boon, que les salariés de la Redoute ont défilé vendredi à Roubaix pour réclamer du pouvoir d'achat, appelant les autres salariés de la vente à distance à les rejoindre.
"Bienvenue chez les ch'tis salaires!": c'est sous ces banderoles en forme de clin d'oeil au film de Dany Boon, que les salariés de la Redoute ont défilé vendredi à Roubaix pour réclamer du pouvoir d'achat, appelant les autres salariés de la vente à distance à les rejoindre. — Philippe Huguen AFP

Alors que les salariés de La Redoute entament leur 4e semaine de grève, entretient avec Fabrice Peeters, délégué CGT.

Après trois semaines de lutte pour les salaires, la mobilisation est-elle toujours aussi forte?

Notre mobilisation dépasse désormais le simple cadre de La Redoute. Dans le cortège [vendredi], il y avait des salariés de La Redoute, mais aussi des 3 Suisses, de la Blanche Porte ou encore des Aubaines. Les centres d'appel ont également débrayé. Quand on voit ça, on se dit qu'on a raison, qu'il faut continuer.

Pourtant, le salaire des grévistes fond à mesure que le mouvement dure...

Oui. Et curieusement, personne ne se plaint. Tout le monde est dans la bagarre. Plus ça dure, plus les salariés sont déterminés. La direction ne nous a plus adressé la parole depuis huit jours. Et l'affluence grandit à chaque assemblée générale.

Que faut-il pour que la direction rouvre la porte des négociations?

Je ne sais pas. Mais il est temps qu'on trouve un point d'accord. Car la lutte fait tache d'huile dans le monde de la vente par correspondance et au-delà.

La direction a pourtant expliqué que cela n'avait aucune incidence sur l'envoi des colis...

Le retard dans l'envoi, on ne peut pas le chiffrer... Mais quand vous avez 300 salariés qui s'arrêtent chaque jour de bosser pendant deux ou trois heures, il y a forcément des conséquences. Il suffit de faire un tour dans les entrepôts pour le voir: le rythme est beaucoup moins soutenu.