Lille: A 18 ans, Eléanor a déjà un paquet d'heures de vol à son compteur

PORTRAIT Passionnée d’aviation, cette lycéenne prépare le tour de France en avion de tourisme…

Mikaël Libert

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Eléanor a obtenu sa licence de pilote à 17 ans.
Eléanor a obtenu sa licence de pilote à 17 ans. — E.Sohier
  • Eléanor pilotait des avions avant de pouvoir conduire une voiture.
  • A 18 ans elle a survolé la Patagonie et s’est posée à Ushuaïa.
  • La jeune fille prépare le tour de France aéronautique.

Plus beau vu d’en haut. A peine âgée de 18 ans, Eléanor Sohier n’avait pas vraiment vocation à se retrouver aux commandes d’un avion. Pourtant, la jeune fille ne compte déjà plus les heures de vol. Une passion dévorante qui a porté cette habitante de Beauvais bien au-delà de sa terre natale, jusqu’à Ushuaïa.

La famille d’Eléanor, originaire de l’Oise, ne compte pas un seul pilote. Mais à Noël, l’année de ses 14 ans, ses parents lui ont offert un baptême de l’air : « Ça m’a tout de suite plu et je n’ai pas cessé de voler depuis. Je me suis inscrite à l’aéroclub de Beauvais et j’ai obtenu ma licence de pilote privé à 17 ans », se souvient Eléanor. Et, alors qu’elle n’avait pas le droit de conduire une voiture, la jeune femme emmenait sa petite famille en virée aérienne jusqu’en Bretagne. Un jour de grève à la SNCF, cette élève au lycée Faidherbe de Lille à même pris l’avion depuis Beauvais pour se rendre en cours.

Raid solidaire

Sur les réseaux sociaux, Eléanor a découvert l’existence du Raid latécoère-aéropostale, le plus long raid aérien du monde. « Je me suis inscrite par hasard et c’est comme ça que je suis partie en Argentine en février. » Derrière le manche d’un petit monomoteur, Eléanor a ainsi relié Buenos Aires à Ushuaïa. « Le survol de la Patagonie a été vraiment impressionnant en raison des vents forts, il fallait rester bien concentré », assure-t-elle.

Ce ne sont cependant ni la Patagonie, ni l’atterrissage à Ushuaïa qui ont le plus marqué Eléanor, mais « les rencontres faites au cours de ce voyage solidaire », se souvient la plus jeune pilote ayant participé à cette aventure.

En lice pour le Hop tour 2018

Avant de poursuivre ce raid, fin septembre, en Afrique, Eléanor compte réussir les sélections du Hop tour des jeunes pilotes : « C’est une opération de promotion de l’aéronautique auprès du grand public les deux dernières semaines de juillet », explique Eléanor. Mais elle, ce qui l’éclate vraiment dans la démarche, « c’est la petite compétition interne entre les pilotes ».

Pour autant, ce n’est pas gagné car la jeune femme doit d’abord boucler son budget. « Une partie des frais sont pris en charge par l’organisation mais j’ai ouvert une cagnotte pour trouver les 3.800 euros qui me manquent ». La tête sur les épaules, Eléanor reconnaît que l’aviation est sans doute « une passion un peu chère », dont elle n’exclut pas de faire son métier.