Lille: « Lille sans relou » veut aller à la rencontre des victimes de harcèlement

SENSIBILISATION Un « Mur de la Honte » est érigé, dimanche, à Lille, pour accueillir des témoignages anonymes, à l’occasion de la Semaine internationale contre le harcèlement de rue…

Joséphine Farine

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Témoignages sur le Mur de la Honte
Témoignages sur le Mur de la Honte — Mathilde Doppler
  • L’association Lille sans relou lance un appel à témoignages à l’occasion de la Semaine internationale contre le harcèlement de rue.
  • Un « Mur de la Honte » permettra aux victimes d’afficher leur malheureuse expérience.

Cette année marque un tournant pour la lutte contre le harcèlement. À échelle locale, l’association Lille Sans Relou prend part au combat des femmes. À l’occasion de la 8e Semaine internationale de lutte contre le harcèlement de rue, l’association lilloise érige un « Mur de la Honte », dimanche, sur la place de la République, à Lille. Elle lance ainsi un appel aux témoignages.

Une visée pédagogique

ce « Mur de la Honte » a deux fonctions : permettre aux victimes d’exprimer leur mésaventure et faire prendre conscience aux lecteurs des incidences de tels actes.

« L’association a une visée pédagogique, précise Mathilde Doppler, présidente de Lille Sans Relou. Pour nous, c’est une manière d’aller à la rencontre des personnes qui sont victimes de ce fléau. Tout le monde n’a pas forcément dans son entourage quelqu’un pour échanger sur ce sujet. On essaye de donner des clés pour sortir de la paralysie ».

Les langues se délient

Cette action se greffe sur la vague de dénonciations de harcèlement qui ne cesse de prendre de l’ampleur avec des mouvements comme #BalanceTonPorc et #MeToo. Grâce aux nombreuses campagnes menées ces dernières années, les langues commencent à se délier. Lille Sans Relou mène des actions locales de sensibilisation depuis trois ans autour de ces gestes déplacés vécus comme des agressions.

« Pour arriver un jour à une égalité, on est convaincu qu’il faut inclure les hommes dans le débat, en laissant la parole aux femmes d’abord car se sont les premières concernées, note Mathilde Doppler. Il y a une grosse révolution à faire. »