Pas-de-Calais: Au contraire de Berlin, Calais va garder son mur

JUSTICE La justice administrative a débouté la maire de Calais qui réclamait l’arrêt de la construction de l’édifice…

Mikael Libert

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Le mur anti intrusions le long de la rocade portuaire de Calais.
Le mur anti intrusions le long de la rocade portuaire de Calais. — P.Huguen / AFP
  • La construction du mur anti intrusions avait commencé en septembre 2016.
  • Il devait empêcher les migrants de poser des barrages sur la route.
  • La « jungle » détruite, la mairie avait alors jugé inutile la poursuite des travaux.

Jeudi, le tribunal administratif de Lille a rendu son délibéré dans le procès qui opposait la mairie de Calais au préfet du Pas-de-Calais autour du mur anti intrusions le long de la rocade portuaire. La municipalité a été déboutée de sa demande d’annuler le permis de construire.

A la fin de l’été 2016, quand le camp de migrants de la « jungle » existait encore, l’Etat, en accord avec la maire de Calais, avait pris la décision de bâtir un mur le long de la rocade portuaire. A cette époque, les intrusions de réfugiés sur la route, pour tenter de monter à bord de camions en partance pour la Grande-Bretagne, étaient fréquentes. Les travaux du mur avaient commencé en septembre.

Un mur jugé finalement inutile par la mairie

Sauf qu’au mois de novembre de la même année, l’immense camp de réfugié a été démantelé. Les migrants ont été éloignés et, par conséquent, les intrusions sur la rocade portuaire ont cessé. C’est alors que la maire de Calais, Natacha Bouchart, a pris plusieurs arrêtés municipaux pour stopper la construction du mur, jugeant celui-ci désormais inutile.

Le préfet du Pas-de-Calais, « faisant usage de son pouvoir hiérarchique », avait de son côté retiré les deux arrêtés municipaux. Pas contente de la tournure que prenait la chose, Natacha Bouchart avait alors saisi la justice, fin 2016.

Pour étayer sa requête, la mairie avait argumenté, notamment, que « le mur portait atteinte au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinant, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales ».

Des arguments rejetés point par point par le tribunal administratif dans sa décision de jeudi. Le mur de Calais va donc rester là où il est.